« Il y a trop de choses qui ne vont pas » : Yvan Attal sort du silence après avoir signé la tribune en soutien à Gérard Depardieu

Publié le 29 décembre 2023 à 7:55
BFMTV
Signataire de la tribune polémique soutenant Gérard Depardieu, Yvan Attal est venu expliquer son geste sur le plateau de BFMTV ce jeudi 28 décembre.

Le cas Gérard Depardieu continue de diviser. Le 25 décembre dernier, dans Le Figaro, près de 50 personnalités issues du monde des médias et de la culture ont signé un texte en guise de soutien à  Gérard Depardieu, qui se retrouve dans la tourmente depuis sa mise en examen pour des accusations de viols et ses propos tenus dans Complément d’enquête. "Gérard Depardieu est probablement le plus grand des acteurs. Le dernier monstre sacré du cinéma. Nous ne pouvons plus rester muets face au lynchage qui s’abat sur lui, face au torrent de haine qui se déverse sur sa personne, sans nuance, dans l’amalgame le plus complet et au mépris d’une présomption d’innocence dont il aurait bénéficié, comme tout un chacun, s’il n’était pas le géant du cinéma qu’il est. Lorsqu’on s’en prend ainsi à Gérard Depardieu, c’est l’art que l’on attaque. Par son génie d’acteur, Gérard Depardieu participe au rayonnement artistique de notre pays. (…) Quoi qu’il arrive, personne ne pourra jamais effacer la trace indélébile de son œuvre dont notre époque est à tout jamais marquée. Le reste, tout le reste, concerne la justice ; que la justice. Exclusivement", peut-on notamment lire dans cette tribune signée entre autres par Gérard Darmon, Michel Fau, Nathalie Baye, Jacques Dutronc ou encore Afida Turner.

Parmi les signataires, on retrouve également Yvan Attal. Ce jeudi 28 décembre, l’acteur est ainsi venu s’expliquer sur sa décision au micro de BFMTV, tandis que les artistes ayant affiché leur soutien à Gérard Depardieu se font vivement critiquer : "Moi aussi, j’ai un malaise parce que j’ai signé cette pétition qui ne me va pas totalement, mais je l’ai signée parce qu’il y avait quelque chose de plus fort que ce qui me dérangeait dans cette pétition", lance le comédien dans un premier temps, qui a assuré avoir "demandé aux gens qui ont écrit cette pétition de reformuler des choses, de parler de certaines choses, et ils n’ont pas voulu".

"Si je viens aujourd’hui c’est pour dire pourquoi au-delà de cette pétition, qui ne me va pas complètement, mais que j’ai signée", poursuit Yvan Attal, qui a surtout souhaité insisté sur la présomption d’innocence : "Parce qu’il y a trop de choses qui ne vont pas. Cet homme, avant d’être un acteur, aussi grand acteur qu’il soit, il est un citoyen lambda. On lui réserve un sort qui n’est pas le sort qu’on réserverait à n’importe quel citoyen lambda. Moi, je m’en fous qu’il soit un « monstre sacré », avec toute l’admiration que j’ai pour Depardieu. C’est un des plus grands acteurs du monde. Il a le droit de ne pas être lynché publiquement depuis des mois et des mois. Et c’est justement parce qu’il y a une instruction qu’il faut laisser la justice parler. Ce qui me rend dingue, c’est que justement à cause de son statut, parce qu’il est le monstre sacré qu’il est, tout le monde se permet de dire des choses sur lui et de le lyncher."

Malgré tout, Yvan Attal a affiché quelques regrets compte tenu des réactions suscitées par sa signature à cette tribune : "Je me rends compte qu’en signant cette pétition j’ai blessé des gens autour de moi. Des gens se sont sentis agressés par cette pétition, des femmes. Je m’en suis voulu. Je ne veux pas défendre Depardieu l’acteur, mais le citoyen Depardieu. Je n’ai pas signé cette pétition contre les femmes, et c’est là mon malaise. Je l’ai signée pour dire une chose : c’est qu’il y a une tyrannie d’une certaine morale qui se substitue à la justice, une meute qui se permet de lyncher des gens sur la place publique. Je ne suis pas d’accord pour dire qu’il pourrait bénéficier d’une impunité totale. Si cette tribune dit ça et si certains ont lu ça, alors je me défausse totalement."

Par
Benoît Lesueur