En haut de l’affiche : l’avènement des acteurs Noirs à Hollywood sort ce vendredi 28 mars sur Apple TV+. Le pitch ? "En plus de Jamie Foxx et Kevin Hart, John Boyega, Don Cheadle, Morris Chestnut, Ice Cube, Taye Diggs, Idris Elba, Laurence Fishburne, Jamie Foxx, Morgan Freeman, Kevin Hart, Dwayne Johnson, Michael B. Jordan, Daniel Kaluuya, Martin Lawrence, Eddie Murphy, Will Smith, Denzel Washington et Marlon Wayans témoignent également dans le documentaire. Ces grands noms du cinéma se livrent sur leurs victoires qui font date, le vrai rôle d’un acteur en haut de l’affiche, l’art du succès dans la durée et la domination du box-office mondial. D’autres personnalités de l’industrie, telles que Reuben Cannon, Nina Shaw, Matthew Johnson, Robi Reed et Quentin Tarantino interviennent également".
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Jamie Foxx fait un bien triste constat
Acteur oscarisé, figure incontournable du cinéma américain, Jamie Foxx revient donc sur le devant de la scène dans un rôle plus militant que jamais. À travers En haut de l’affiche, documentaire en deux volets, il interroge l’histoire longue et douloureuse de la sous-représentation des acteurs noirs à Hollywood, et dénonce un système où l’inclusion n’est pas encore au point. Interrogé par nos confrères du Parisien qui rappellent que pendant des décennies, l’élite blanche a monopolisé les premiers rôles alors que les acteurs noirs, eux, se sont vus cantonnés à des rôles secondaires, stéréotypés, souvent réduits à des figures de serviteurs ou de criminels, l’acteur s’est ouvert sans filtre.
Selon lui d’ailleurs, rien n’est jamais acquis puisqu’il a confié que "L’Amérique a connu 400 ans d’esclavage, 400 ans qui marquent notre ADN. Nous, les Noirs américains, souffrons tous des restes de l’esclavage. La perception des Blancs qui n’ont pas l’habitude de côtoyer des Noirs ne change pas. Certains ne nous considèrent d’ailleurs pas comme des stars". Ce constat, Jamie Foxx le développe dans un documentaire riche en témoignages, réunissant des voix aussi emblématiques que celles de Whoopi Goldberg, Idris Elba, Angela Bassett ou encore Dwayne Johnson. Tous évoquent la difficulté de percer, mais aussi la résistance d’une industrie frileuse dès qu’il s’agit de récits noirs car "à Hollywood, être numéro 1 ne suffit pas quand on est Noir", a rappelé le comédien. "C’est factuel, combien y a-t-il eu d’actrices et d’acteurs noirs récompensés pour un rôle principal aux Oscars ?", a-t-il questionné.
L’acteur revient sur ce faux argument
Le film revient aussi sur le vieil argument économique selon lequel les films noirs ne seraient pas rentables à l’international. Une idée fausse, selon Jamie Foxx, balayée par des succès comme Bad Boys ou Django Unchained. Reginald Hudlin, co-producteur du documentaire, s’est souvenu : "On m’a dit tout au long de ma carrière, même lorsque j’ai coproduit Django Unchained, que les films avec et sur les Noirs ne marchaient pas de l’autre côté de l’Atlantique".
Et pourtant, le film a engrangé un demi-milliard de dollars dans le monde… Cette croyance persistante en l’invisibilité commerciale des récits noirs est aussi liée à la place de la production dans la chaîne de pouvoir. Pour Jamie Foxx, le cœur du problème est là comme il l’a confié au Parisien : "L’enjeu, c’est la production. Il ne s’agit pas seulement d’avoir un rôle principal. Qui décide de produire ces films ? Qui tient les rênes ? Nous devons construire nos propres studios, nos propres plate-formes de financement".
Jamie Foxx appelle à agir
Dans En haut de l’affiche, Jamie Foxx y affirme une identité sans compromis : "Nous sommes noirs et fiers de l’être, pourquoi avoir peur de ce mot ?". Et de reprendre : "Nous ne sommes pas une denrée rare. Il y a des talents immenses dans la communauté noire. Nous devons créer nos propres espaces pour qu’ils puissent éclore". "Nous sommes à un moment clé. Soit Hollywood reconnaît enfin que la diversité n’est pas un effet de mode, soit nous revenons en arrière, mais nous ne resterons pas passifs", a-t-il conclu face à nos confères du Parisien.