MeToo a aidé les femmes à dénoncer leurs agresseurs, #MeTooGarçons encourage les hommes à en faire autant. Après les révélations de l’acteur Aurélien Wiik sur les violences sexuelles dont il a été victime, d’autres comédiens prennent la parole pour dénoncer des faits similaires. Dans les colonnes de L’Obs, des témoignages pointent du doigt le comportement de Dominique Besnehard. Co-producteur de la série Dix pour cent, le directeur de casting se défend : ″Je les ai peut-être dragués, et alors ? Il faut faire attention, aujourd’hui, sous prétexte de #MeToo, on dit et on fait n’importe quoi !"
Et poursuit : "Aurélien Wiik, oui, c’est grave, c’est du viol. Moi, vous me reprochez quoi ? D’avoir dragué ? Draguer est une chose, abuser de son pouvoir, en est une autre. Jamais de ma vie je n’ai promis un rôle contre une faveur !″ Dans ce même article, l’acteur Farouk Benalleg l’accuse d’abus. Les faits se seraient déroulés en 1994, alors qu’il n’est qu’un jeune comédien. ″Dominique m’a immédiatement invité à l’Olympia voir Julien Clerc, m’a emmené dans les coulisses, où j’ai croisé toutes les stars possibles, puis on a dîné avec Catherine Deneuve. […] D’un coup, dans la rue, il s’est approché de moi et m’a roulé un patin. Je suis passé du paradis à l’enfer, en une seconde″, raconte-t-il à nos confrères.
Farouk Benalleg "blacklisté" pour avoir repoussé Dominique Besnehard ?
Avant d’ajouter : ″À nous les hommes, on nous dit : ‘C’est facile, vous pouvez mettre votre poing sur la gueule’, mais si je l’avais fait, c’était mort pour moi, professionnellement ! Et vous me voyez, avec mon 1m90, aller chez les flics pour dire : ‘J’ai été agressé par Dominique Besnehard’ ?", poursuit-il. Farouk Benalleg dit avoir repoussé Dominique Besnehard : "Pour moi, c’était terminé". Selon lui, il aurait alors été "blacklisté" dans le cinéma. Ses propos font écho à ceux de Pierre Bégué.
L’Obs révèle un email envoyé par ce dernier à l’agent en 2017. "Cela fait dix ans que j’ai honte de m’être laissé embrassé, touché et abusé dans ma faiblesse ou de ma naïveté. Certes tu ne m’as pas violé mais, même tant d’années après, je souffre et souffrirai à jamais d’avoir été considéré tel un bout de viande…, peut-on lire. Je te vois tout le temps à la télé, encensé dans les reportages, et mes souffrances reprennent vie à chacune de tes apparitions". À nos confrères, celui qui a abandonné ses rêves de cinéma souhaite "que tout cela éclate enfin, pour la justice".