Quelques jours après les propos de Kelly Vedovelli dans Touche pas à mon poste sur C8, c’est une séquence de Christine Kelly qui est sanctionnée par l’Arcom. Le 17 janvier 2024, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique a rendu sa décision publique quant à une séquence de Face à l’info, diffusée sur CNEWS un an et demi plus tôt, le 26 septembre 2022, dans laquelle la France était annoncée comme le pays le moins sécurisé d’Europe, et que notre pays se classait derrière le Mexique dans un classement mondial publié par Numbeo, sans préciser que ce classement était en réalité un simple sondage des internaute dont les avis n’ont pas été vérifiés.
"Au cours de ce programme d’information et d’actualités, un ‘classement’ international des villes les plus sûres réalisé par le site Numbeo, une base de données alimentée par ses utilisateurs. (…) Les résultats du ‘classement’ Numbeo ont été présentés par les personnes présentes en plateau comme des faits établis, propos étayés par un bandeau et un graphique incrustés à l’écran. Or, Numbeo est un site fondé sur le recueil de données provenant d’avis émis par les personnes le visitant, et non sur le sondage d’un échantillon représentatif de la population. Aucune garantie n’est prise concernant l’identité des votants, leur représentativité ou encore leur connaissance des villes au sujet desquelles ils s’expriment. De tels résultats sont donc dépourvus de tout caractère scientifique. Par ailleurs, ce ‘classement’ n’est fondé sur aucune donnée chiffrée officielle", rappelle l’Arcom.
À lire également
"L’évocation de ce ‘classement’ aurait dû appeler à des précautions de la part de l’éditeur, qui ne pouvait présenter les résultats de ce dernier comme des faits établis. Ni le détail de sa méthodologie, ni les écueils de cette dernière n’ont été présentées à l’antenne. Ainsi, la présentation du ‘classement’ Numbeo faite par l’éditeur était de nature à faire croire aux téléspectateurs que ce ‘classement’ était fondé sur des chiffres établis, alors que tel n’est pas le cas. (…) L’éditeur ne s’est pas conformé à son obligation de faire preuve d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information. (…) Il ressort également que les personnes présentes en plateau ont toutes déploré ce résultat et formulé une opinion identique sur la dangerosité de la France et notamment de Paris par rapport à d’autres villes et pays dans le monde, aboutissant à un déséquilibre marqué dans le traitement de ce sujet. (…) Or, le thème de l’insécurité est un sujet d’intérêt général particulièrement sensible. Il relève des questions prêtant à controverse et nécessite de ce fait que l’éditeur assure l’expression de différents points de vue", ajoute L’Arcom avant d’annoncer une sanction s’élevant à 50 000 d’amende, compte tenu des différents mises en demeures précédemment infligées à CNEWS dans le passé.