Ce mercredi 4 octobre 2023, de nombreuses émissions de télévision ont rendu hommage à Jean-Pierre Elkabbach. C’est également le cas du 20h de Ruquier sur BFMTV, qui a invité pour l’occasion Nicolas Canteloup et Léa Salamé qui font partie des nombreux grands noms des médias qui doivent beaucoup à Jean-Pierre Elkabbach. Mais Laurent Ruquier, tout en rendant hommage au journaliste, n’a pas caché qu’il ne portait pas vraiment ce dernier dans son coeur. Dans la deuxième partie de l’émission, il a donc souhaité "briser cette unanimité" médiatique qui, au cours des heures précédentes, avait couvert de louanges la mémoire de Jean-Pierre Elkabbach.
Laurent Ruquier a notamment raconté avoir été marqué, à l’âge de 18 ans, par la réaction du journaliste à la victoire de la gauche à l’élection présidentielle : "Voir la tête de Jean-Pierre Elkabbach sinistre annoncer la victoire de François Mitterand, mais c’était une joie ! Pour ceux qui avaient voté à gauche, croyez-moi, c’était inoubliable. Inoubliable !". De nombreuses années plus tard, en 2008, alors qu’il était en direct sur France 2 aux commandes d’On a tout essayé, la production lui a apporté "un bout de papier" sur lequel était inscrit que Jean-Pierre Elkabbach avait annoncé la mort de Pascal Sevran sur Europe 1. Laurent Ruquier a alors annoncé la nouvelle à l’antenne, avant d’apprendre en sortant du plateau que Jean-Pierre Elkabbach avait fait une erreur. "Décidément, je n’avais pas de chance, moi, avec Jean-Pierre Elkabbach ! Tous les souvenirs que j’ai sont des souvenirs négatifs", a-t-il lancé sur BFMTV. Les intervenants sur le plateau ont ajouté que le journaliste s’était déresponsabilisé à l’époque en prétendant que cette erreur était "collective", avant d’être contraint longtemps plus tard de reconnaître qu’il était en réalité le seul fautif.
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Léa Salamé a alors reconnu que celui qui a été son mentor avait en effet une grande difficulté à "reconnaître ses erreurs". Toutefois, il a été le premier à lui donner sa chance, et elle retient son "énergie" et le considère comme "le meilleur" intervieweur français. L’animatrice de France 2 a raconté quelques anecdotes montrant les mots très durs que Jean-Pierre Elkabbach a parfois eu envers elle. Léa Salamé recevait par exemple des soufflantes par téléphone lorsqu’elle posait des questions trop longues. "Il m’appelait pour m’engueuler. Il ne disait ni bonjour, ni au revoir", a-t-elle raconté avant d’être interrompue par Laurent Ruquier. "De toute façon, il ne disait pas bonjour à la majorité des personnes qui travaillent à la station. Non mais il faut être clair, ce n’était pas quelqu’un de très aimable, quand même ! Moi, il a commencé à me dire bonjour quand François Hollande a été élu en 2012, bizarrement. Mais avant, pas du tout", a pesté l’animateur, qui l’a longtemps croisé sur Europe 1.
Natacha Polony, également présente sur le plateau, lui a emboîté le pas : "Il y avait chez lui une façon d’attaquer avec une agressivité hallucinante toute personne qui essayait de remettre en cause le système, tout simplement : le système économique, l’entre-soi entre les politiques et les pouvoirs financiers. Alors là, il était extrêmement dur et sans merci. En revanche, il était capable de commencer une interview par ‘Bon anniversaire Monsieur le ministre’…". Laurent Ruquier a alors surenchéri en déclarant que le journaliste Christophe Barber a eu le "courage" quelques heures plus tôt sur BFTMV de "rappeler que Jean-Pierre Elkabbach était Giscardien sous Giscard, Mitterrandien sous Mitterra, Balladurien sous Balladure, Chiraquien sous Chirac, Sarkozyste sous Sarkozy…". "Il travaillait pour Bolloré, aussi, on ne le dit que trop peu", a-t-il ajouté. Toutefois, Nicolas Canteloup a nuancé leurs propos en révélant que ce comportement s’expliquait par le fait qu’il avait été au chômage pendant neuf mois après la victoire de Mitterrand, et qu’il ne souhaitait donc probablement plus prendre de risque de perdre ce à quoi il tenait le plus, à savoir son métier. "C’était une génération qui n’était pas la mienne, il déjeunait, il partait en vacances avec les hommes politiques", a complété Léa Salamé, qui se souvient que Jean-Pierre Elkabbach faisait plus peur à son ami François Barouin qu’Anne-Sophie Lapix et elle-même. "Ce n’est pas parce que c’était mon ami que ce n’était pas le pire intervieweur pour moi, le plus dur avec moi, plus dur que vous deux", aurait avoué l’ancien ministre à Léa Salamé. "Il a parlé de l’Ukraine à Poutine bien avant le début de la guerre. C’était le premier !", a-t-elle également tenu à rappeler.
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Laurent Ruquier a ensuite pointé du doigt le mauvais traitement de Ségolène Royal par Jean-Pierre Elkabbach lorsqu’il la recevait sur Europe 1. Se basant sur le témoignage de la politicienne, l’animateur a qualifié le journaliste disparu de "macho". Si certaines personnes sur le plateau partageaient cet avis, Léa Salamé a fermement contredit cela. "Il a donné sa chance à plein de femmes. Il y a plein de femmes journalistes qui lui doivent. Il les poussait, il les traitait pareil", a-t-elle argué. Sur ce dernier point, Natacha Polony a exprimé son désaccord. "Mais ça reste un monument. Forcément, chacun a des expériences différentes. (…) Moi, j’ai pas eu de chance", a conclu Laurent Ruquier, qui a, malgré tout, reconnu "un immense talent" à son regretté confrère, et donné la parole tout au long de l’émission à des personnes qui gardaient un bon souvenir de celui-ci.