“C’est un trauma” : Stéphane de Groodt raconte ses premiers rapports à 12 ans avec… sa baby-sitter de 22 ans

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:29
Boyer David/ABACA
Dans "En mémoire de mes souvenirs", Stéphane De Groodt revient avec franchise sur son enfance et ses blessures intimes. L'acteur évoque notamment sa première expérience sexuelle à 12 ans avec sa baby-sitter de 22 ans, un épisode qu'il décrit comme "un trauma". 

Acteur, auteur, humoriste et ancien pilote automobile, Stéphane De Groodt signe une autobiographie sobrement intitulée En mémoire de mes souvenirs. Dans cet ouvrage, il raconte son parcours avec une sincérité désarmante : son enfance cabossée, sa quête de reconnaissance, ses amours passionnées mais aussi ses blessures intimes. Dans les colonnes de Ciné Télé Revue, il est revenu sur cette plongée sans fard dans sa propre histoire.

Stéphane De Groodt s’ouvre comme rarement

S’il est connu pour son humour et ses jeux de mots, Stéphane De Groodt a choisi cette fois la transparence. "Je me suis surpris moi-même à m’abandonner à beaucoup d’intimité. J’ai tenté de le faire avec pudeur, mais en étant transparent. Ce sont aussi mes travers, mes échecs, qui ont fait qu’à d’autres moments ça a fonctionné", a-t-il confié au sujet de son ouvrage. Il y évoque une enfance difficile, marquée par des obstacles qui, paradoxalement, ont forgé son caractère.

Surpoids, dyslexie et trouble de l’attention ont accompagné ses jeunes années… "J’ai décroché le gros lot. Mais c’est ce qui m’a donné envie de changer. Soit on se complaît dans sa condition, soit on se secoue. Ça m’a sauvé d’être animé par une double passion hors norme. Devenir pilote va me pousser à perdre du poids, même si c’est un trauma qui reste. Les gros restent gros toute leur vie dans leur tête. J’ai le syndrome de l’anorexique – même si je n’en suis pas là -, qui a toujours l’impression d’être en surpoids", a détaillé Stéphane de Groodt. 

"Je ne me vois pas comme une victime"

Dans ce récit très personnel, il évoque aussi un épisode marquant : sa première relation sexuelle, à l’âge de 12 ans… avec sa baby-sitter âgée de 22 ans. "Dans l’autre sens, c’est sûr, le mec, c’est #MeToo, et plus", a-t-il analysé.

Puis d’expliquer : "Dans la manière dont je l’ai vécu, certes, c’est un trauma, mais, pour moi, positif. Ça ne m’a pas abîmé. Quand j’en parle, on me dit que c’était un abus".

"12 ans, bien sûr, c’est trop tôt, mais je ne l’ai pas vécu comme ça. Je ne me vois pas comme une victime, mais il fallait que je le raconte, car ça fait partie aussi de la façon dont je me suis construit, ou déconstruit", a précisé l’artiste. 

Stéphane de Groodt et son besoin de plaire

Ces fragilités d’enfant sont devenues, adulte, des moteurs… mais aussi des manques qu’il a longtemps cherché à combler. Cette adolescence complexée a laissé place, à l’âge adulte, à une envie de plaire. "Quand j’ai découvert que je pouvais séduire, j’en ai usé, et sûrement abusé, parce que j’avais un manque. Je me suis rattrapé, mais c’était un peu tard. Le regard des femmes sur moi, c’était nouveau, et je trouvais ça plutôt agréable, oui", a-t-il reconnu. Et ce besoin de séduction n’a pas été sans conséquences sur sa vie personnelle, notamment avec la mère de ses deux filles. 

Il a confié : "Ça a abîmé des choses. C’était compliqué pour Odile, je le comprends. Mais c’était enfoui en moi, je ne pouvais pas faire autrement, parce que j’avais été fondé par ce manque de confiance, ce corps dans lequel je ne me ressemblais pas. J’ai voulu rattraper un temps que je considérais comme perdu, mais il n’était plus temps de le faire, étant marié. On s’est séparés, et j’ai toujours ce besoin d’exister aux yeux des autres, plus que séduire, mais bon, c’est ténu comme différence"

Par
Kahina Boudjidj