La National Football League et Apple Music ont officialisé le 28 septembre que Bad Bunny assurera le spectacle de la mi-temps du Super Bowl LX, prévu le 8 février 2026 au Levi’s Stadium de Santa Clara. L’artiste portoricain a salué une étape symbolique. "Je vais le faire pour tous ceux qui ont posé les premiers jalons, et travaillé pour que je puisse en arriver là, à marquer ce touchdown. C’est pour mon peuple, ma culture, notre histoire. Allez, va dire à ta grand-mère que nous allons être sur scène pour la mi-temps du Super Bowl", a-t-il déclaré dans un communiqué relayé par The Guardian.
À lire également
Un choix artistique devenu politique
Cette nomination intervient alors que le chanteur avait volontairement écarté les États-Unis de sa tournée. Interrogé par I-D, il avait expliqué : "Il y avait beaucoup de raisons pour lesquelles je n’ai pas joué aux États-Unis, et aucune n’était liée à la haine – je m’y suis produit de nombreuses fois. Tous ces concerts ont été des succès". Et d’ajouter : "Tous ont été magnifiques. J’ai adoré me connecter aux Latinos qui y vivent. Mais spécifiquement pour une résidence ici, à Porto Rico, qui est un territoire non incorporé des États-Unis…". Mais d’exprimer une crainte concrète concernant son public. "Il y avait cette question : genre, p*tain, ICE pourrait être dehors [de mon concert]. Et c’est quelque chose dont on a beaucoup parlé, et qui nous inquiétait", a-t-il précisé.
Ces propos ont relancé les critiques d’anciens proches de Donald Trump. Corey Lewandowski a affirmé sur The Benny Show : "Il n’existe aucun endroit où les personnes présentes illégalement dans ce pays peuvent bénéficier d’un refuge. Pas au Super Bowl et nulle part ailleurs. Nous vous retrouverons, nous vous arrêterons, nous vous placerons dans un centre de rétention et nous vous déporterons". Il a également fustigé le choix artistique : "C’est tellement honteux qu’ils aient décidé de choisir quelqu’un qui semble détester autant l’Amérique pour la représenter lors du match de mi-temps".
Bad Bunny ironise sur le plateau du SNL
Ce samedi 4 octobre, Bad Bunny a profité de son passage en tant qu’animateur et invité musical sur Saturday Night Live pour répondre avec ironie. "Je suis très heureux de cette opportunité", a-t-il déclaré en souriant, avant de lancer : "Et je pense que tout le monde s’en réjouit, même Fox News". Un sketch parodique a d’ailleurs tourné en dérision les réactions de la chaîne conservatrice, la faisant déclarer : "Bad Bunny est mon musicien préféré, et il devrait être le prochain président".
Le chanteur a ensuite livré un message en espagnol et en anglais : "Je veux remercier ceux qui attendent avec impatience ma performance, en particulier tous les Latinos et les Latinas du monde entier, ici aux États-Unis, qui ont œuvré pour ouvrir les portes. C’est plus qu’une victoire pour moi, c’est une victoire pour nous tous. Notre empreinte et notre contribution dans ce pays, personne ne pourra jamais les effacer". Et de conclure sur une note piquante : "Si vous n’avez pas compris ce que je viens de dire, vous avez quatre mois pour apprendre [l’espagnol]".
Donald Trump s’en mêle
L’annonce de la participation de Bad Bunny au spectacle de la mi-temps du Super Bowl continue de faire réagir aux États-Unis… Après l’indignation exprimée par certains de ses partisans, Donald Trump a lui aussi commenté la décision, n’hésitant pas à la qualifier d’"absolument ridicule". "Je ne sais pas qui il est… Je ne sais pas pourquoi ils font ça. C’est complètement fou", a lancé le président américain mardi 7 octobre lors d’une interview téléphonique accordée à la chaîne conservatrice Newsmax.