Arthur dénonce le fait de “passer pour un agresseur sexuel” après la rediffusion d’extraits d’À prendre ou à laisser

Publié le 19 février 2025 à 9:10
Berzane Nasser/ABACA
Depuis fin décembre 2024, des extraits de l’émission À prendre ou à laisser, animée par Arthur sur TF1 entre 2004 et 2010, refont surface sur les réseaux sociaux et suscitent une vive polémique. Face à l'indignation, Arthur, par le biais de ses avocats, a demandé à ce que les extraits soient supprimés de X et de Meta. 

Depuis fin décembre 2024, des extraits de l’émission À prendre ou à laisser, animée par Arthur sur TF1 entre 2004 et 2010, refont surface sur les réseaux sociaux et suscitent une vive polémique. Ces séquences, largement relayées sur X, ancien Twitter, TikTok et Instagram, montrent l’animateur adoptant des comportements jugés sexistes et déplacés envers certaines candidates. La diffusion de ces images a rapidement enflammé le débat sur les dérives du divertissement télévisé des années 2000 et sur la tolérance d’attitudes inappropriées à l’époque.

Des gestes déplacés et des remarques sexistes dénoncés

Les vidéos en question montrent plusieurs moments où Arthur semble dépasser les limites de la bienséance. Dans l’une des séquences les plus relayées, on peut le voir embrasser une candidate sur la joue sans son consentement, tandis que celle-ci semble gênée et recule légèrement. Dans une autre scène, l’animateur mime des coups de cravache sur les fesses d’une participante, sous les rires gênés du public. Il est aussi filmé en train de multiplier les sous-entendus à connotation sexuelle, lançant des blagues douteuses sur le physique des candidates ou insinuant qu’elles doivent "faire des efforts pour séduire".

D’autres moments mettent en avant des interactions où l’animateur coupe la parole aux femmes de manière récurrente, ou où il adopte un ton condescendant en leur parlant, contrastant avec son attitude plus bienveillante avec les candidats masculins. Ces comportements, qui étaient passés relativement inaperçus à l’époque, sont aujourd’hui vivement critiqués, dans un contexte où les débats sur le sexisme et le consentement ont pris une ampleur considérable.

Indignation sur les réseaux sociaux

La publication de ces extraits a immédiatement suscité une vague d’indignation. De nombreux internautes ont dénoncé un sexisme "banalisé" à la télévision française dans les années 2000 et 2010, pointant du doigt le fait que ce type de comportement était souvent présenté comme du simple "divertissement". Des figures du féminisme et de la lutte contre les violences sexistes ont également réagi. L’association Nous Toutes a notamment tweeté : "Ce que l’on voit dans ces extraits n’est pas anodin. C’est une illustration claire du sexisme systémique qui régnait (et règne encore) à la télévision. Des attitudes déplacées qui étaient alors normalisées sous couvert d’humour"

D’autres personnalités ont également réagi, à l’image de l’ancienne Miss France et chroniqueuse Rachel Legrain-Trapani, qui a confié avoir souvent été victime de comportements similaires dans le milieu médiatique : "J’ai moi-même vécu des moments où l’on te met mal à l’aise, où l’on t’objectifie sur un plateau. À l’époque, il fallait faire avec, mais aujourd’hui, il est important de dénoncer ces pratiques". Certains internautes se sont aussi interrogés sur la responsabilité des chaînes de télévision dans la diffusion de tels contenus, estimant que les dirigeants de l’époque avaient fermé les yeux sur des attitudes problématiques.

La réaction d’Arthur 

Face à l’ampleur de la polémique, Arthur a pris la parole via un communiqué publié dans  Le Parisien. Il a défendu son comportement en déclarant : "C’était une autre époque. Les émissions de divertissement avaient un ton plus libre, plus spontané. Il n’y avait aucune intention malveillante dans mon attitude". L’animateur a également affirmé qu’il entreprenait des démarches pour faire retirer ces vidéos des plateformes, arguant que leur diffusion sortait les séquences de leur contexte et leur donnait une connotation "diffamante et exagérée"

Son avocate, Me Jade Dousselin, a demandé au tribunal d’inviter à X et Meta à supprimer ces vidéos, qui seraient selon elle "un montage tronqué". "Ce montage diffamatoire donne une image tronquée de la réalité et a pour but de le faire passer pour un agresseur sexuel", a-t-elle ajouté. Et de conclure grave sur le fait que "La liberté d’expression ne peut pas servir de totem d’immunité". Me Karim Beylouni, l’avocat de X, a, quant à lui, estimé que les conditions légales de retrait de contenus n’étaient pas réunies. "Ce n’est pas un deep fake, c’est un montage d’images disponibles sur YouTube dans lesquelles on voit Arthur avoir des comportements qui paraissent extrêmement étonnants aujourd’hui, après MeToo", a-t-il, entre autres, tenu à rappeler. La décision a été mise en délibéré au 3 avril.

Par
Kahina Boudjidj