Un couple de jeunes parents allemands s’est vu opposer une fin de non-recevoir par le tribunal de Rostock, dans le nord du pays, après avoir tenté d’enregistrer leur fils sous le prénom "Lucifer" rapporte le Bild. Ce “prénom” a été popularisé par la série Netflix du même nom avec Tom Ellis. La série, qui est aujourd’hui terminée, suit Lucifer Morningstar, un ange déchu qui, lassé de régner en enfer, choisit de vivre parmi les humains. Il s’installe à Los Angeles où il devient propriétaire d’une boîte de nuit. Après le meurtre d’une chanteuse pop devant son club, il décide de collaborer avec le département de police de la ville pour résoudre des affaires criminelles, en partenariat avec la détective Chloe Decker.
La justice allemande protège le "bien-être" des nouveau-nés
Le tribunal de Rostock a fondé sa décision sur la législation allemande, qui autorise les autorités à refuser les prénoms "qui pourraient menacer le bien-être futur d’un enfant en l’exposant au ridicule ou en le désavantageant dans la société", comme le rapporte The Times. Ulrich Kunze, porte-parole de la commune, précise que "le nom a été rejeté parce que l’officier d’état civil compétent a estimé qu’il mettait en danger le bien-être de l’enfant". Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’une telle demande est rejetée en Allemagne : en 2017, à Kassel, une requête similaire avait connu le même sort.
Des restrictions variables selon les pays
En Allemagne, la réglementation encadre strictement le choix des prénoms. Outre "Lucifer", d’autres prénoms ont été interdits comme "Satan", "Judas", "Lénine", "Gucci", "McDonald" ou encore "Excalibur". Les prénoms issus de noms communs comme "Telefon" (Téléphone) ou "Eisenbahn" (Chemin de fer) sont également proscrits. Fait notable, contrairement aux idées reçues, le prénom "Adolf" n’est pas interdit. Cela nous rappelle d’ailleurs l’intrigue du film “Le prénom” avec Patrick Bruel et Charles Berling.
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Lucifer, autorisé en France ?
La législation française adopte une approche similaire mais légèrement différente. Depuis la loi du 8 janvier 1993, les parents disposent d’une liberté de choix, sous réserve que le prénom ne porte pas préjudice à l’intérêt de l’enfant. L’officier d’état civil peut alerter le procureur de la République en cas de doute, comme ce fut le cas pour des prénoms tels que "Dilleur", "Anal", “MJ” ou "Joyeux". Fait intéressant, si le prénom "Lucifer" est également refusé en France, celui d’"Hadès" a été validé par un juge des affaires familiales du tribunal de Saint-Malo en 2023…