Agnès Jaoui se confie sans filtre sur #MeToo : « La posture de justicier de certains me gêne »

Publié le 16 septembre 2024 à 17:33
CHRISTOPHE AUBERT/Télé 7 Jours
Dans son prochain film, l’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui "dénoncera les excès post #MeToo". Un sujet délicat sur lequel elle vient de revenir dans une récente interview.

Après avoir évoqué les affres de la célébrité dans Place publique, Agnès Jaoui abordera dans son prochain film un sujet ô combien actuel : #MeToo. Mais dans ce long métrage qui sera son premier écrit sans Jean-Pierre Bacri décédé en janvier 2021, l’actrice, scénariste et réalisatrice évoquera "les excès post #MeToo" selon Le Parisien/Aujourd’hui en France. 

L’avis d’Agnès Jaoui sur #MeToo

Interrogée par le quotidien, Agnès Jaoui explique ne pas avoir peur de choquer avec ce nouveau projet. La comédienne, qui rappelle être féministe depuis longtemps, défend le choix de ce sujet. "Il est très bien que les abus de pouvoir soient dénoncés, dans le milieu du cinéma, comme dans les autres. Mais certains ont une posture de justicier qui me gêne terriblement. J’ai signé certaines tribunes et j’en ai refusé d’autres", affirme-t-elle ainsi en soulignant qu’elle explorera, dans ce long métrage qui n’a ni titre ni date pour le moment, le "fossé qui se creuse entre sa génération et celle des plus jeunes sur ce sujet". "Je trouve évidemment génial que les filles ne se laissent plus emmerder comme avant, qu’il y ait une prise de conscience chez les garçons. Mais je trouve terrifiant qu’on ait aujourd’hui peur de chaque mot prononcé, de chaque geste esquissé. Qu’on place au même niveau une main sur le genou et un viol", dénonce-t-elle ainsi en évoquant ce film écrit avec Noé Debré, Laurent Jaoui (son frère, ndlr), Florence Seyvos et Emmanuel Salinger.

L’idée d’Agnès Jaoui pour révolutionner le monde politique

La comédienne et réalisatrice fait preuve de la même franchise lorsqu’il s’agit d’évoquer la situation politique actuelle en France. "Les gens savent que je suis de gauche. Mais je ne suis pas sûre que soutenir quelqu’un soit très productif. Le plus urgent, c’est plutôt de s’occuper de la planète qui crame. Je continue de penser que les hommes et les femmes politiques ont du mérite d’exercer une fonction si déconsidérée. Ils en prennent tellement plein la gueule que je redoute que seuls les fous veuillent prendre le relais", confie-t-elle. Elle poursuit en évoquant son idée pour que "ceux qui critiquent ceux qui nous gouvernent" se rendent compte de la "difficulté du poste". "Je suis partisane d’un service politique obligatoire. Chacun devrait, à un moment de sa vie, assumer une fonction publique", conclut-elle.

 

Par
Clara Kolodny