Cinq mois après, le Complément d’enquête consacré à Gérard Depardieu continue de susciter de vives réactions. Le 7 décembre dernier, l’acteur s’est retrouvé au cœur de la polémique après la diffusion du magazine de France 2, dans un numéro intitulé La chute de l’ogre. Dans le reportage, on peut notamment voir des images d’un voyage du comédien en Corée du Nord, à l’occasion des 70 ans du pays, en marge du tournage d’un film de Yann Moix. Gérard Depardieu y enchaîne les propos à caractère sexuel envers sa traductrice ou des femmes qu’il peut croiser : "Tu vas te prendre une belle douche, tu vas penser à moi", "Je pèse 124 kilos… en érection 126", "J’ai une poutre dans mon caleçon". Une séquence a particulièrement fait réagir, lorsque Gérard Depardieu observe une séance d’équitation. Ce dernier aperçoit une fillette sur un cheval et déclare : "Si jamais elle galope, elle jouit. C’est bien ma fifille, continue ! Tu vois elle se gratte là."
Impliqué indirectement dans cette affaire, Yann Moix n’avait pas tardé à réagir à la suite de la diffusion de Complément d’enquête. Dans TPMP, l’ancien chroniqueur d’On n’est pas couché avait assuré que les images de son film avaient été volées par le producteur, tout en assurant que les propos tenus par Gérard Depardieu étaient sortis de leur contexte. Ce jeudi 2 mai, l’écrivain était présent dans l’émission Culture Médias diffusée sur Europe 1. L’occasion pour ce dernier de faire le point sur le conflit qui l’oppose à Anthony Dufour, le producteur en question : "Vous verrez le film. Là, je suis en procès contre le producteur. Je me suis fait voler un film de 2h30. Le film existe, il y a des gens du monde qui l’ont vu. Le producteur, lui, prétend que le film n’a jamais existé."
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Pour Yann Moix, Gérard Depardieu ne parlait pas de la fillette
Par la suite, Yann Moix a tenu à rappeler les conditions de tournage de ce film avec Gérard Depardieu : "Ce qu’il s’est passé, c’est que j’ai fait un film de fiction avec Gérard Depardieu genre Les Valseuses à Pyongyang, que ce producteur a malhonnêtement mis ce film sous le boisseau pendant des mois. J’ai essayé de le récupérer, il n’a jamais voulu me le rendre. Et voyant que ce serait très difficile de sortir un film de fiction en salle avec Gérard Depardieu, il a utilisé 0,01% de mon film pour le mettre dans un documentaire à charge contre Gérard Depardieu, alors que les images sont arrachées de leur contexte." Yann Moix a alors assuré une nouvelle fois que Gérard Depardieu ne parlait pas d’une fillette dans l’extrait diffusé dans Complément d’enquête : "Jamais Gérard n’a sexualisé une enfant ! Dans mon film, on voit très bien une cavalière de 35 ans. Gérard la regarde, sort les horreurs qu’il sort, qui sont des horreurs dites sur une femme de 35 ans. Ça adoucit quand même un peu l’horreur par rapport à une enfant de 7 ans."
"Il faut bien comprendre comment Gérard Depardieu fonctionne", poursuit Yann Moix. "C’est quelqu’un qui est ce qu’il est, pour le meilleur et pour le pire. Mais il faut bien savoir une chose. Je suis partie faire un film sans scénario. On regarde au montage ce qu’on va faire. Avec Gérard, il se passe quelque chose d’assez incroyable. Dès qu’une caméra est braquée sur lui, il s’exagère. Ce n’est plus exactement Gérard Depardieu, c’est Gérard Depardieu qui se sait dans un film. Là, je lui donnais des consignes par rapport à des situations, mais il a improvisé toute la journée. Sur 30 heures de rush, j’ai utilisé 2h30, parce qu’il y a des choses qu’on ne garde pas dans un film." Yann Moix a conclu sa défense en déclarant : "Si vous entendiez parfois ce qui est coupé dans les films qu’on va voir en salle…Les petites phrases qu’ils s’échangent juste avant action ou juste après coupé, tout le cinéma français tombe, c’est l’hécatombe !"