La sentence est tombée. Mercredi 14 mai, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire opposant Thierry Samitier à deux de ses anciennes collègues de théâtre. L’acteur de 61 ans, connu du grand public pour son rôle dans la série “Nos chers voisins” diffusée sur TF1, a été reconnu coupable de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles comme e révèle Mediapart. Une condamnation qui met fin à une longue attente pour les victimes, près de six ans après les premiers signalements.
Une peine assortie de multiples obligations pour Thierry Samitier
La justice a tranché : Thierry Samitier devra purger une peine de dix mois d’emprisonnement avec sursis. Cette condamnation s’accompagne d’une période probatoire de deux ans pendant laquelle l’acteur sera soumis à plusieurs obligations : un suivi psychologique obligatoire et l’interdiction formelle d’entrer en contact avec les plaignantes, avec exécution provisoire immédiate de cette mesure.
Le tribunal a également prononcé une peine d’inéligibilité d’un an à l’encontre du comédien, qui verra par ailleurs son nom inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Une décision ferme qui reste toutefois en-deçà des réquisitions du parquet, qui avait initialement demandé quinze mois de prison avec sursis.
L’avocat des deux plaignantes s’est félicité d’une décision qu’il qualifie de “juste et complète”, précisant que “tout a été reconnu, dans le détail”. Pour ses clientes, cette reconnaissance judiciaire représente un véritable “soulagement après des années de silence et d’attente”. Du côté de la défense, l’avocate de Thierry Samitier s’est dite “plutôt satisfaite” malgré la condamnation.
L’acteur dispose jusqu’au 24 mai pour faire appel de cette décision.
Des faits graves survenus sur la pièce "Boeing Boeing"
L’affaire remonte à plusieurs années, lorsque l’acteur jouait dans la pièce de théâtre “Boeing Boeing”, représentée à Paris entre novembre 2018 et mars 2019. Les deux comédiennes plaignantes avaient dénoncé des comportements déplacés répétés de la part de Thierry Samitier, tant lors des répétitions que pendant les représentations et en coulisses. Des accusations qui n’ont pas étonné son ancienne co-star, Joy Esther.
Parmi les faits les plus marquants figurent des baisers forcés “avec la langue” sur scène, qui ne figuraient pas dans le scénario original. L’une des victimes avait expliqué dans sa plainte : “Il me surprenait avec des baisers avec la langue sur scène. J’ai compris que c’était une façon d’improviser qu’il considérait comme drôle, mais pour moi, c’était humiliant et intrusif.” Une autre comédienne avait témoigné avoir senti l’acteur “coller son sexe contre [ses] fesses” lors d’une scène.
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Ces comportements avaient provoqué un tel malaise que les deux femmes avaient été placées en arrêt maladie. Face à la gravité de la situation, le producteur du spectacle avait pris plusieurs mesures, notamment en changeant l’acteur de loge et en exigeant que les représentations soient filmées. La pièce avait finalement été interrompue prématurément suite à l’éclatement public de l’affaire en 2019.
Le déni de Thierry Samitier face aux accusations
Depuis les premières accusations rendues publiques en 2019, Thierry Samitier a constamment nié les faits qui lui étaient reprochés.
Le comédien avait également tenté de justifier ses gestes en évoquant une “mauvaise interprétation de ses intentions” et une simple volonté d’improvisation artistique. Des arguments qui n’ont visiblement pas convaincu le tribunal, lequel a reconnu la véracité des témoignages des plaignantes presque dans leur intégralité.