« Une approche verbale et sentimentale maladroite » : accusé d’agression sexuelle par un acteur, le réalisateur André Techiné se défend

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:54
Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM
Le cinéaste André Techiné vient de sortir du silence après la plainte déposée contre lui, et contre le directeur de casting Gérard Moulevrier, par le comédien Francis Renaud.

En partageant son histoire il y a quelques jours, le comédien Aurélien Wiik espérait aider d’autres victimes, comme lui, à libérer la parole. Son appel a bien été entendu par de nombreux anonymes, qui ont publié leur témoignage avec le hashtag #MeTooGarçons, mais aussi par le comédien Francis Renaud.

Ce dernier, qui affirme depuis des années avoir été victime de harcèlement sexuel et agressions sexuelles, a décidé de porter plainte contre deux figures du cinéma. Comme il l’a annoncé il y a quelques jours, il a porté plainte pour harcèlement sexuel et pression grave afin d’obtenir un acte de nature sexuelle, menace de mort réitérée et agression sexuelle à l’encontre du directeur de casting Gérard Moulevrier et du réalisateur André Techiné. Des faits qui se seraient déroulés entre 1988 et 2004.

La réaction d’André Techiné aux graves accusations de Francis Renaud

"Mais moi, je mets en garde par rapport à des comportements qui sont exécrables. André Téchiné n’a pas le droit de faire ce qu’il a fait, j’en parle dans mon livre. C’est une personne sous la protection de Catherine Deneuve dans le système. À un moment donné, il faut dire stop", dénonçait-il déjà en 2018 dans un entretien accordé à Samuel Massilia. Dans son livre La Rage au cœur, publié en 2018, Francis Renaud citait d’ailleurs les propos très crus d’un "superdirecteur de casting". "Le droit de cuissage, ça existe. Pour réussir il faut coucher", lui aurait-il dit avant de lui "attraper doucement le sexe à travers son pantalon".

Contacté par Le Parisien/Aujourd’hui en France, André Techiné a nié les faits dont il est accusé. "Je suis évidemment désolé qu’il ait été embarrassé par mon approche verbale sentimentale, maladroite, lors de ce déjeuner. J’ai bien sûr eu tort, à l’époque, de ne pas avoir su percevoir que notre relation n’était pas à ses yeux sur un pied d’égalité en raison de mon statut de réalisateur. En revanche, je ne peux qu’exprimer mon incompréhension aujourd’hui face à ce dépôt de plainte pénale", a déclaré le cinéaste dans un message transmis par son avocate Me Julia Minkowski.

Par
Clara Kolodny