“Un vol notoire” : Fabien Lecoeuvre en remet une couche sur son différend juridique avec Grand corps malade

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:26
Capture d'écran Buzz TV
Invité sur le plateau du Buzz TV du Figaro, Fabien Lecœuvre est revenu sur la bataille judiciaire qui l’oppose à Grand Corps Malade autour du titre Les gens beaux. L’ancien chroniqueur musical, dont la voix devra être retirée de la chanson, salue une décision "essentielle" et dénonce "un vol notoire". 

Quatre ans après sa sortie, le titre Les gens beaux de Grand Corps Malade est aujourd’hui au cœur d’un conflit judiciaire qui oppose le slameur à Fabien Lecœuvre. Le 17 octobre dernier, la cour d’appel de Paris a ordonné le retrait de la voix du chroniqueur musical, utilisée dans l’introduction du morceau. La production du chanteur et sa maison de disques, Universal, sont sommées de modifier la chanson sous peine d’une astreinte de 500 euros par jour.

Une polémique née d’une phrase jugée "honteuse"

L’affaire trouve son origine au printemps 2021, lorsque Fabien Lecœuvre déclenche une tempête médiatique en s’en prenant au physique de la chanteuse Hoshi. "Enfin, vous mettez un poster de Hoshi dans votre chambre, vous ? Elle a du talent, cette fille, vraiment, mais qu’elle donne ses chansons à des filles sublimes", avait-il déclaré à la radio. Quelques mois plus tard, Grand Corps Malade répond sur scène, aux Francofolies de La Rochelle, avec un titre inspiré de cette polémique. Les gens beaux s’ouvre sur 33 secondes des propos originaux du chroniqueur, samplés et répétés dans le refrain.

"Monsieur, parfois il faut s’taire, moi, je veux voir Hoshi sur un poster", lance l’artiste devant 5 000 spectateurs, sous les huées qui accompagnent chaque réapparition de la voix de Lecœuvre. Le titre, inclus dans la réédition de l’album Mesdames, rencontre un vif succès. Grand Corps Malade affirmera par la suite : "Nous lui avons demandé si on pouvait utiliser ses déclarations dans la chanson. Il nous a dit que, dans la mesure où elles étaient publiques, ça ne posait aucun problème juridique". Le 27 juillet 2021, Fabien Lecœuvre adresse une mise en demeure à l’artiste et à Universal, exigeant la suppression du morceau. Sans réponse, il engage des poursuites pour atteinte à son droit de voix. En 2023, le tribunal de Paris donne raison à Grand Corps Malade, estimant que les propos étaient publics. Mais Lecœuvre fait appel… et renverse la décision.

“Un vol notoire”, selon Fabien Lecœuvre

"C’est un jugement essentiel, car il défend les chanteurs en interdisant qu’on utilise leurs voix sans leur consentement", a-t-il déclaré au Parisien. S’il dit admirer Grand Corps Malade, il déplore un "mauvais conseil juridique" : "Grand Corps Malade est un de mes auteurs préférés mais il a été victime de son avocat, qui l’a conseillé à tort". Lors de son passage sur Buzz TV du Figaro, lundi 27 octobre, le chroniqueur, aujourd’hui auteur du livre Nos années bonheur en chansons, a réaffirmé sa position : "Mes propos sont instrumentalisés pour qu’il puisse écrire en disant : “Vous, monsieur, etc.” C’est fait avec beaucoup de talent d’ailleurs, il faut le rappeler"

Et d’ajouter : "Elle [ma voix] l’est quand il s’agit d’une radio ou d’une télévision, on a le droit de reprendre un extrait. Mais à partir du moment où on récupère la voix pour la faire slamer et l’inclure dans une chanson en duo, il y a ce qu’on appelle les attributs de la personnalité. Au nom de quelques bons sentiments, c’est un vol notoire !". Selon lui, la décision du 17 octobre marque un tournant juridique : "L’arrêt rendu par la cour d’appel dit tout simplement que quand on vole la voix de quelqu’un, il y a des textes de lois. Ça fait jurisprudence. Je protège des millions de personnes à qui, demain, on va voler la voix"

Par
Kahina Boudjidj