Le 29 avril dernier, Boris Becker a été condamné à deux et demi de prison par le tribunal de Southwark, à Londres. L’Allemand avait été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation : un chef de retrait de biens, deux chefs de non-divulgation de biens et un chef de dissimulation de dette. Incarcéré à la prison d’Huntercombe, à environ 60 kilomètres de Londres, l’homme de 55 ans a été libéré le 15 décembre dernier, après avoir passé 8 mois derrière les barreaux. D’après Press Association, Boris Becker était éligible à une expulsion en tant qu’étranger condamné à une peine de plus de 12 mois de prison, lui permettant de ne pas subir la totalité de sa sentence.
Seulement quelques jours après avoir retrouvé la liberté, Boris Becker a donné une longue interview d’environ deux heures à la chaîne de télévision allemande Sat1 afin de raconter son expérience de détenu : "Derrière les barreaux, tu n’es personne", raconte l’Allemand, qui a été rémunéré 515 000 euros pour cet entretien selon L’Équipe. "J’ai noué des relations de confiance avec trois prisonniers qui m’ont sauvé la vie. En octobre, un autre prisonnier voulait me tuer. Il m’a expliqué ce qu’il comptait exactement faire, mais j’avais le soutien de ces autres détenus et le lendemain, cette dangereuse personne qui est derrière les barreaux depuis 12 ans, est venue présenter ses excuses."
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Par la suite, Boris Becker a raconté son quotidien de prisonnier : "J’ai occupé mon temps à enseigner l’anglais et les mathématiques à d’autres prisonniers. Quelques semaines pus tard, j’ai étudié la philosophie du stoïcisme que j’ai ensuite appris à des détenus. J’ai aussi été leur préparateur physique. Heureusement que j’ai eu ces quelques occupations, sinon, je serai devenu fou." L’ex-numéro 1 mondial estime que ce passage en prison lui a été bénéfique : "Je suis la même personne, mais je suis devenu plus humble. J’ai perdu beaucoup de poids. Je suis allé au lit en ayant faim, ce qui ne m’était encore jamais arrivé. Mon séjour en prison m’a fait du bien sur le plan de la santé. Je pense avoir retrouvé en moi l’humain que j’ai été il y a de longues années. Cette condamnation a constitué une leçon très dure. Une leçon qui m’a fait très mal. Mais avec le recul, elle a aussi eu des répercussions positives. J’ai beaucoup réfléchi, j’ai reconnu mes faux-pas. Je n’ai pas toujours eu les bonnes personnes autour de moi, j’ai été mal conseillé. Ces huit mois m’ont adouci. Je veux conserver ce droit chemin. J’ai reçu une deuxième chance, à moi de la saisir et d’être fidèle à mes principes. Ce séjour carcéral m’a permis de me retrouver, il m’a servi."
Boris Becker a révélé que Jurgen Klopp, l’entraîneur de Liverpool, a tenté de lui rendre visite : "J’ai eu le droit à deux visites par mois, mais certaines personnalités n’ont pas reçu l’autorisation de venir me rendre visite. Par exemple, Jürgen Klopp voulait venir me voir. Nous nous sommes appelés. « Kloppo » n’a pas eu le droit de venir, car il est trop connu et la prison voulait éviter un chaos monumental." Désormais, Boris Becker souhaite aller de l’avant : "Depuis 2012, je vis de crédits bancaires, car j’ai vécu toutes ces années au-dessus de mes moyens. Mais tout cela, c’est désormais terminé. Je veux être capable de pouvoir de nouveau m’acheter un appartement ou un véhicule sans redressement fiscal. J’ai trop longtemps cru pouvoir vivre comme du temps de ma splendeur au cours de ma carrière active. Je dois désormais davantage faire attention à la gestion de mon patrimoine. (…) J’ai fait le ménage dans mon entourage afin d’avoir désormais des personnes qui ne veulent que mon bien. En fait, j’ai tout repris à zéro en 2017. C’est un long processus pour m’assurer un avenir plus sain. Dans les prochains mois, je pense aller vivre à l’étranger afin d’avoir une vie plus tranquille. J’apprécie Dubaï ou peut-être Miami, où j’ai déjà vécu. J’ai plusieurs idées. En tout cas, je suis heureux de revivre normalement. À présent, j’ai envie de travailler."
N.O