L’affaire secoue depuis plusieurs jours les réseaux sociaux et la sphère médiatique. Nawell Madani est visée par une enquête du parquet de Paris pour "violence sur mineur de moins de 15 ans", selon les informations de Le Parisien. L’incident présumé s’est produit dans la soirée du 6 octobre, sur l’avenue des Champs-Élysées. Ce soir-là, une famille accompagnée d’enfants croise un habitant du quartier qui les reconnaît grâce à leur visibilité sur les réseaux sociaux. Au même moment, Nawell Madani passe à proximité et salue l’homme, rencontré lors d’un précédent tournage. Les quatre enfants de Bebethan, père célibataire, apprennent alors qu’il s’agit d’une personnalité connue et demandent une photo.
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L’enfant transporté à l’hôpital
L’humoriste aurait alors demandé aux enfants de "rester derrière", refusant de poser avec eux. Les aînés s’arrêtent, mais le plus jeune, Djulian, 6 ans, court vers elle sans entendre la consigne. Selon les témoignages, c’est à cet instant que la situation dégénère. "Elle se retourne et lui met un énorme coup de pied dans le thorax. Le gamin vole et s’écrase au sol. Pendant qu’il était à terre, je l’ai entendue dire à l’enfant : ‘Maintenant tu vas me respecter’", a relaté l’homme présent sur les lieux. Et d’ajouter : "Je pense qu’elle s’est rendu compte de son erreur et a commencé à nous traiter de tous les noms, accusant les enfants d’avoir voulu la voler et les traitant de voyous et de racailles".
Les pompiers sont rapidement intervenus et ont emmené le petit Djulian à Hôpital Necker-Enfants malades. "Vous auriez entendu les pleurs et les râles du petit, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Nawell Madani a tracé son chemin sans même s’inquiéter de l’état de Djulian", a déclare le père de famille. Peu après les faits, Nawell Madani s’est présentée d’elle-même au commissariat du VIIIe arrondissement et une enquête est en cours pour déterminer avec précision les circonstances de l’incident survenu sur l’une des avenues les plus fréquentées de la capitale. La comédienne a assuré avoir agi par réflexe de défense. Elle a expliqué "avoir été approchée par des enfants, avoir eu peur d’un vol et avoir porté un coup à un enfant". Son avocate, Me Caroline Toby, a confirmé à l’AFP que sa cliente est "profondément affectée par ce qui s’est passé et tient à exprimer toute sa tristesse à l’égard de l’enfant et de sa famille".
Nawell Madani convoquée devant un délégué du procureur
"Elle a eu un réflexe de défense face à une situation qu’elle a perçue comme dangereuse", a-t-elle précisé, ajoutant que "prise de panique, elle a voulu se protéger lorsqu’elle a senti une présence approcher son sac : sur place, la situation étant devenue trop tendue pour toute explication, elle s’est immédiatement rendue dans un commissariat, pour relater les faits". L’avocate a également insisté sur le contexte et a précisé que Nawell Madani marchait seule, tard dans la soirée, "évitant de se retourner sur les individus qui la suivaient sur plusieurs dizaines de mètres, avec qui elle n’avait eu aucun échange et dont elle ignorait totalement les intentions".
"Elle est soulagée de savoir que le plaignant se porte bien et prend régulièrement de ses nouvelles", a assure Me Toby, avant de conclure que l’humoriste "a pleinement collaboré avec les services de police pour que l’enquête judiciaire en cours permette d’établir les faits avec précision au-delà des interprétations et des images relayées" et "a confiance dans la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire". L’humoriste est convoquée devant un délégué du procureur dans le cadre d’une procédure de contribution citoyenne, une alternative à un procès classique, a annoncé le parquet de Paris ce vendredi 10 octobre.
"Nawell Madani est convoquée devant un délégué du procureur en vue d’une contribution citoyenne pour violences sur mineur de 15 ans ayant entraîné une incapacité de travail n’excédant pas huit jours", a précisé le parquet. Plutôt que de saisir une juridiction pénale, le ministère public peut, dans certains cas, privilégier des mesures alternatives aux poursuites. La contribution citoyenne en fait partie et elle consiste à verser une somme d’argent à une association d’aide aux victimes. Le montant de cette contribution est déterminé par le procureur, en fonction de la gravité des faits, des ressources et des charges de l’auteur, et peut aller jusqu’à 3 000 euros. Cette procédure vise à éviter un procès tout en reconnaissant la responsabilité de la personne mise en cause et en apportant une réparation symbolique.