C’est un séisme qui secoue la famille royale norvégienne. Marius Borg Høiby, fils aîné de la princesse héritière Mette-Marit, fait désormais face à une inculpation lourde : trente-deux infractions, dont quatre viols, ont été retenues contre lui par le procureur-général de Norvège. Déjà arrêté à plusieurs reprises en 2024, notamment en août pour violences sur sa compagne, puis en novembre pour "un rapport sexuel avec une personne qui était inconsciente ou incapable pour d’autres raisons de s’opposer à cet acte", Marius Borg Høiby avait vu son nom éclaboussé par une succession d’accusations.
À lire également
Le fils de la princesse de Norvège inculpé
Plusieurs femmes, dont des ex-compagnes, l’accusent de violences physiques et psychologiques, mais aussi d’abus sexuels. Le 18 août dernier, le procureur Sturla Henriksbø a détaillé publiquement les chefs d’inculpation. Outre les viols, le jeune homme de 28 ans est poursuivi pour "maltraitance dans les relations proches, actes de violence, atteintes à la liberté et avoir filmé et enregistré des vidéos sans consentement". Et d’insister sur la gravité des faits : "La peine maximale pour les infractions mentionnées dans l’acte d’accusation est une peine d’emprisonnement allant jusqu’à dix ans. Ce sont des actes très graves qui peuvent laisser des traces durables et détruire des vies".
Né d’une précédente relation de Mette-Marit avant son mariage avec le prince héritier Haakon, Marius Borg Høiby avait déjà attiré l’attention de la justice. En novembre 2024, il avait été interpellé alors qu’il se trouvait en voiture avec Rebecca Helberg, l’une de ses ex-compagnes qui l’accuse de violences. Or, il lui était interdit d’entrer en contact avec elle dans le cadre de l’enquête en cours. Si la famille royale avait jusqu’ici choisi de garder le silence, la princesse héritière avait finalement pris la parole dans une interview accordée à la chaîne NRK.
L’un des derniers viols aurait eu lieu durant l’enquête
"Ça a été dur. Je ne peux rien dire d’autre. Cela a été très, très difficile pour nous", avait confié Mette-Marit. La future reine avait également tenu à préciser que la famille n’affrontait pas seule cette épreuve : "Nous recevons une aide professionnelle fournie par le système de santé depuis un moment. Je ne pense pas que nous aurions pu supporter une telle situation sans cette aide, en tant que famille, mais également pour pouvoir remplir nos obligations envers le peuple norvégien".
De son côté, le prince héritier Haakon, beau-père de Marius Borg Høiby, avait déjà pris position pour rappeler la volonté de préserver l’intimité familiale : "C’est son histoire, et on doit aussi le respecter". Le procureur, quant à lui, a tenu à préciser que le statut royal du jeune homme ne devait pas interférer avec la justice : "Le fait que Marius Borg Høiby fasse partie de la famille royale ne doit bien sûr pas entraîner qu’il soit traité plus doucement ou plus sévèrement que si des actes similaires avaient été commis par d’autres". Les quatre viols retenus dans l’acte d’accusation se seraient produits en 2018, 2023 et 2024, le dernier alors même qu’une enquête de police était déjà en cours…