“Le meurtrier a avoué” : Bruce Toussaint revient sur le violent assassinat de sa cousine Nathalie

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:25
OLIVIER SEIGNETTE / TF1
Dans son livre Dites-lui que je pense à elle (Stock), Bruce Toussaint rouvre une plaie longtemps enfouie… le meurtre de sa cousine Nathalie, tuée à 14 ans par un ami de la famille. Quarante ans après, le journaliste de TF1 revient sur cette histoire passée sous silence, et sur la quête de vérité qu’il a menée, entre douleur, mémoire et transmission.

C’est un souvenir gravé à jamais dans la mémoire d’un enfant… "On m’a dit que ma cousine était morte. Point barre", se souvient Bruce Toussaint. Il n’a alors que 11 ans lorsque le drame frappe sa famille. Des décennies plus tard, en triant les affaires de sa grand-mère disparue, il tombe sur des coupures de presse. Les faits y sont racontés, impitoyablement : Nathalie, 14 ans, a été tuée par un homme de 29 ans, ami proche du clan familial. Un homme "dépressif et alcoolique", qui "n’a pas supporté qu’elle le repousse".

Le meurtrier a reconnu son assassinat

C’est cette découverte qui pousse le journaliste à se plonger dans l’enquête, à remonter le fil de ce crime oublié. "Sans doute parce qu’il n’y avait pas de mystère", explique-t-il à nos confrères de Gala. Et d’ajouter : "Le meurtrier a avoué son crime dans les heures qui ont suivi son acte. Quand il a croisé le père de ma cousine, il lui a lancé : ‘Ta fille, je l’ai dézinguée’". Le silence qui a entouré cette affaire n’est pas un cas isolé. À l’époque, le terme "féminicide" n’existait pas encore dans le vocabulaire judiciaire. "Pendant le procès, on n’a à aucun moment prononcé les mots ‘féminicide’ ou ‘pédophilie’, mais on a plutôt parlé de ‘crime passionnel’", déplore-t-il.

Cette approche, il l’a retrouvée dans d’autres dossiers de ces années-là. "La directrice des archives départementales de Seine-Maritime m’a révélé que beaucoup de proches de victimes de féminicides des années 1960, 1970 et 1980 tentaient encore de connaître la vérité. J’ai été stupéfait. À l’époque, on racontait les choses avec une forme de fatalité. On disait : ‘C’est un crime atroce, mais c’est la faute à pas de chance’", raconte le journaliste à Gala. Et de poursuivre : "Quand on vit un drame comme celui-là, on se demande ce qu’on aurait pu faire pour l’éviter. Il y a l’idée d’une culpabilité, d’une honte et d’une forme de pudeur"

"Ce livre n’a pas été réparateur, mais consolateur"

Ce travail de mémoire, l’animateur le décrit comme une forme d’apaisement. "Après toutes ces années de silence, cela a été, peut-être pas réparateur — car une famille prend perpétuité après un tel drame — mais consolateur", avoue-t-il. L’enquête l’a néanmoins confronté à l’horreur brute. Bruce Toussaint précise : "J’ai eu accès aux photos qui ont été prises par les gendarmes, juste après la découverte du corps. Il l’a massacrée. Il n’y a pas d’autre mot. C’était affreux". Il se souvient encore du visage de sa cousine, figé par la peur et de ce sentiment d’impuissance : "Elle l’a caché à sa famille mais elle a confié à une amie avoir été violée par son futur assassin. Or, aucune plainte n’a été déposée, car ça ne se faisait pas à l’époque"

Par
Kahina Boudjidj