“Le juge m’a demandé de lui expliquer ce qu’est une story Instagram” : Eddy de Pretto réagit à la condamnation de ses cyberharceleurs

Publié le 14 décembre 2022 à 12:49
Lisa Ritaine/CANAL+
Après le jugement de 17 de ses harceleurs, Eddy de Pretto s'est exprimé pour la toute première fois ce mardi 13 décembre sur cette affaire dans "Mediapart".

Eddy de Pretto, qui a porté plainte pour cyberharcèlement après avoir reçu des milliers de messages homophobes et menaces de morts, ne s’était jamais exprimé sur cette affaire avant le verdict rendu par la justice ce lundi 12 décembre : 11 personnes jugées ont écopé de trois à six mois de prison avec sursis, tandis que 6 prévenus ont été relaxés. C’est d’abord sur Twitter que le chanteur a réagi : "Aujourd’hui c’est une ferme décision qu’a rendue la justice française. Pour mon préjudice personnel d’une part mais aussi contre le cyberharcèlement, et toutes les formes de discriminations sur les réseaux sociaux. Il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir mais nous sommes sur la bonne voie". En réponse à ce tweet, il a notamment reçu le soutien et les remerciements du YouTubeur Carlito et de la chanteuse Hoshi.

Ce mardi 13 décembre dans la soirée, l’interprète de Kid a accordé un entretien exclusif à Mediapart filmé et disponible gratuitement sur YouTube. Eddy de Pretto a d’abord expliqué son silence qui a duré tout au long de la procédure : "Je ne voulais pas qu’on m’accuse d’utiliser ce procès pour mon image, que ce soit une histoire de buzz". L’artiste a insisté sur l’importance de porter plainte malgré "toutes les démarches qu’il y a à faire". "C’est très difficile mais on a besoin de toutes ces petites pierres-là pour avancer, pour montrer que c’est possible de changer notre société. Ça montre qu’il est possible de porter plainte, que les démarches se font de mieux en mieux et qu’elles sont de plus en plus écoutées, même concernant les réseaux sociaux. C’est un grand message que la justice française a voulu passer. (…) Non, la justice ne fait pas rien ", a-t-il ajouté face aux journalistes Mathieu Magnaudeix et David Perrotin.

"Ma grande peur, c’était que ça puisse arriver véritablement. Certains disaient connaître mon adresse, d’autres parlaient de me trouver là où je faisais des dédicaces. C’était des messages toutes les minutes. J’ai reçu 3.000 ou 4.000 messages", a raconté Eddy de Pretto, qui avait alors engagé un garde du corps. Le chanteur nommé aux Victoires de la musique a ensuite pointé du doigt les lacunes "des instances politiques et judiciaires" concernant les réseaux sociaux et le cyberharcèlement : "Il faut amener une pédagogie par rapport à ça. (…) Au procès, à plusieurs reprises, le juge m’a demandé comment ça se passait Instagram, il m’a demandé de lui expliquer une story. (…) Plus on aura éduqué notre justice à voir ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux, plus on arrivera à nos fins, c’est-à-dire moins de violence et de haine".

Hugo Mallais

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