Le cinéaste Saeed Roustaee condamné à 6 mois de prison pour avoir diffusé son film au festival de Cannes

Publié le 17 août 2023 à 13:45
France TV / Brut
Le cinéaste Saeed Roustaee a été condamné à 6 mois de prison et interdiction d’exercer son métier de cinéaste pendant 5 ans pour avoir diffusé son film Leïla et ses frères au festival de Cannes.

Le cinéaste Saeed Roustaee, connu pour avoir réalisé les deux films La loi de Téhéran ainsi que Leïla et ses frères, a été condamné par le gouvernement iranien pour avoir diffusé ce dernier long-métrage au Festival de Cannes en 2022. Le film avait été interdit de diffusion en Iran. 

"Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Saeed Roustaee et Javad Norouzbeigui, le réalisateur et le producteur du film “Leila et ses frères” à six mois de prison", a rapporté le quotidien Etemad. Selon le tribunal de Téhéran, Saeed Roustaee a "contribué à la propagande de l’opposition contre le système islamique" en Iran. Le cinéaste et le producteur ne purgeraient cependant qu’un vingtième de la peine, soit environ neuf jours, selon Etemad. Le reste de leur peine "sera suspendu pendant cinq ans". "Pendant la période de suspension, les accusés sont tenus de s’abstenir d’activités liées au crime commis et de ne pas communiquer avec des personnes actives dans le domaine du cinéma", a précisé Etemad. Le verdict peut faire l’objet d’un appel dans "les vingt jours suivant sa notification".

Le long-métrage Leïla et ses frères dressait le portrait d’une famille au bord de l’implosion sur fond de crise économique en Iran. 

"C’est une nouvelle fois, une grave atteinte à la liberté d’expression des artistes, cinéastes, producteurs et techniciens iraniens", a tenu à dénoncer le Festival de Cannes dans une déclaration transmise à l’AFP. Le festival a tenu à exprimer "son soutien à toutes celles et tous ceux qui subissent violences et représailles dans la réalisation et la diffusion de leurs œuvres. Le Festival est leur maison. Il est et sera toujours à leurs côtés pour défendre la liberté de création et d’expression".

De nombreuses voix se sont élevées comme celle du réalisateur Martin Scorsese qui a lancé une pétition pour essayer de libérer le cinéaste. 

Ce n’est pas la première fois que l’Iran a placé en détention des réalisateurs primés au Festival de Cannes puisque Jafar Panahi ainsi que Mohammad Rasoulof avaient tous les deux été la cible du gouvernement.

Par
Lucas Aimé