JO Paris 2024 : Prison avec sursis et amendes pour les cyberharceleurs de Thomas Jolly

Publié le 5 mai 2025 à 15:22
Starface
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce lundi 5 mai 2025 concernant les sept personnes accusées d'avoir cyberharcelé Thomas Jolly, directeur artistique de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. 

Les prévenus ont tous été condamnés à des peines d’amende et de prison avec sursis pour "menaces de mort réitérées, cyberharcèlement et injures aggravées en raison de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance vraie ou supposée à une religion".

Des sanctions pour rappeler que "la discrimination est un délit"

Les sept personnes jugées – six hommes et une femme âgés de 22 à 79 ans – devront également verser chacune un euro symbolique de dommages et intérêts à Thomas Jolly, récemment récompensé d’un Molière d’honneur et d’un Bravo d’or. Cette décision a été rendue après un procès qui s’était tenu en mars dernier, où le ministère public avait requis des peines allant de trois à huit mois de prison avec sursis.

Le parquet avait également demandé des stages de citoyenneté pour l’ensemble des prévenus, ainsi qu’une suspension temporaire de compte d’accès en ligne pour deux d’entre eux, pour des durées de trois et cinq mois respectivement.

Lors de l’audience, seuls cinq des sept accusés étaient présents, les deux autres étant retenus ou malades. Thomas Jolly, quant à lui, n’avait pas assisté au procès. Le plus jeune des prévenus, âgé de 22 ans, avait simplement déclaré : "Je regrette", face au tribunal.

Une vague de haine après la cérémonie d’ouverture des JO 2024

Si la cérémonie d’ouverture des JO de Paris avait été largement saluée par le public et les critiques, elle avait également déclenché une vague de messages haineux sur les réseaux sociaux, à caractère notamment homophobe et antisémite. Thomas Jolly n’avait pas tardé à réagir en déposant plainte dès le 31 juillet 2024, quelques jours seulement après le début des Jeux. Une enquête avait immédiatement été ouverte par les autorités.

"Les attaques dont je suis la cible ainsi que les autres artistes, auxquels je renouvelle mon soutien, tombent sous le coup de la loi. La discrimination est un délit et il faut le rappeler", avait alors déploré Thomas Jolly auprès du quotidien Ouest-France.

Le directeur artistique avait également tenu à préciser : "Il n’y a aucune faute commise de notre part mais une discrimination qui a eu lieu : homophobie, racisme, grossophobie, antisémitisme, transphobie… Puisque la République aime tous ses enfants, ce qu’on a montré lors de la cérémonie d’ouverture, elle défend tous ses enfants. On a porté plainte pour mettre la lumière sur le cyberharcèlement et sur les discriminations qui ne sont pas acceptables en République."

Une procureure qui dénonce le sentiment d’impunité

Dans ses réquisitions en mars dernier, la procureure avait fermement condamné le comportement des prévenus, dénonçant "le sentiment d’impunité des personnes qui réagissent à chaud et envoient si facilement des messages pour donner leur avis". Elle avait également mis en garde contre les possibles conséquences de tels actes en ligne : "On sait que ces propos peuvent ensuite armer une personne", avait-elle souligné.

Par
Mélissa Tellaa