C’est une affaire qui avait fait grand bruit. En 2016, Tony, un petit garçon âgé de 3 ans, meurt au service pédiatrique du CHU de Reims. L’enfant est décédé en raison des multiples blessures (nez cassé, côtes brisées, rupture du frein de la lèvre, hématomes sur tout le corps, lésions au cuir chevelu et aux parties génitales, éclatement de la rate et pancréatite aiguë) causées par son beau-père, qui en a fait un véritable souffre-douleur pendant près d’un mois. En 2021, le beau-père du petit Tony avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, tandis que sa mère avait-elle été condamnée à cinq ans de prison dont un avec sursis.
En plus de la violence de la mort de l’enfant, le silence des voisins du couple avait choqué lors de cette affaire. Comme le relate Le Figaro, un homme vivait dans l’appartement situé en dessous de la scène de crime. Témoin auditif, il avait été jugé pour "non-dénonciation de mauvais traitement", puisqu’il n’avait pas alerté les secours en dépit des cris et des coups qu’il pouvait entendre. Alors qu’il fut relaxé par le tribunal correctionnel de Reims et par la cour d’appel de Reims, la Cour de cassation avait cassé l’arrêt de cette dernière, renvoyant ce voisin au tribunal ce mercredi 5 avril.
À lire également
Ce même jour, Jean-Luc Reichmann a été invité à réagir à cette affaire dans l’émission Sud Radio Média. Un sujet qui tient particulièrement à cœur de l’animateur des 12 coups de midi, lui qui incarne sur TF1 Léo Matteï, un commandant d’une unité d’intervention rapide au sein de la brigade des Mineurs de Paris. Au micro de Sud Radio, l’homme de télévision n’a pas caché sa colère : "Je suis scandalisé, c’est atterrant. À un moment donné, il faut qu’on se sente utile. Ça, ça ne peut plus exister. (…) Comment on ne peut pas réagir en 2023 ! C’est un enfant. Il y a un gamin qui souffre, on le voit tuméfié. Les voisins, il faut alerter tout de suite, il faut en parler."
Alors que TF1 diffuse ce jeudi 6 avril la 10e saison de Léo Matteï, Brigade des mineurs, Jean-Luc Reichmann espère que sa série pourra aider davantage à la libération de la parole sur ces sujets à l’avenir, comme il l’a déjà observé ces derniers temps : "Quand on a commencé Leo Matteï, on a beaucoup travaillé avec la brigade des mineurs de Paris, qui est réputée mondialement. Le commandant de l’époque m’avait dit : « Tout le monde protège tout le monde ». C’est-à-dire que la maman va défendre son enfant, le grand-parent va défendre la maman, le voisin va défendre sa voisine, etc. In fine, il n’y a que la vérité qui ne se tord pas. Donc au final, on va la connaître la vérité. Plus on va en parler, plus on va essayer de dire : « Attention, le danger est partout, les prédateurs sont partout ». Peut-être qu’on se sentira utile et que ça sensibilisera. Les gens disent qu’il y en a de plus en plus. Non, parce qu’on libère la parole, alors qu’il y a 10, 20 ans, on n’osait pas en parler !"
N.O