« Je sens sa langue râpeuse dans ma bouche » : Le psychanalyste Gérard Miller accusé de viol et d’agressions sexuelles sous hypnose

Publié le 31 janvier 2024 à 10:25
ABACA
Dans une enquête publiée ce mercredi 31 janvier, le magazine Elle révèle plusieurs témoignages de femmes accusant Gérard Miller d'agressions sexuelles et d'un viol. Le célèbre psychanalyste, qui dément les faits, aurait notamment usé de l'hypnose pour arriver à ses fins avec les présumées victimes.

Ce sont des témoignages glaçants que publient Elle. Ce mercredi 31 janvier, le magazine dévoile une longue enquête consacrée au célèbre psychanalyste Gérard Miller. Ce dernier est accusé d’agressions sexuelles et d’un viol par plusieurs femmes. L’ex-chroniqueur de Laurent Ruquier se serait notamment servi de l’hypnose pour abuser de ses présumées victimes, comme le raconte Muriel Cousin. La journaliste et autrice, qui prend pour la première fois la parole, explique avoir été abusé à 23 ans en 1990, alors qu’elle se trouvait dans un état second lors d’une séance avec Gérard Miller, qui la touchait avec ses mains : "Est-ce que tu sens la chaleur ?", se souvient-elle, avant de raconter son agression : "Soudain, un truc dans mon cerveau m’a sortie de la torpeur. Je me suis dit qu’il se passait quelque chose d’anormal. Il touchait mes seins sous mon pull. J’ai senti aussi sa main passer sur mon sexe, par-dessus le pantalon." À la base, Muriel avait accepté cette séance d’hypnose pour tenter de passer outre un traumatisme, elle qui venait de perdre son petit ami qui s’était suicidé : "Je m’intéressais donc à toutes les thérapies." La journaliste témoigne rapidement auprès de ses proches : "Mais il ne m’est pas venu à l’esprit de porter plainte. À l’époque, ça ne se faisait pas."

Une autre femme, renommée Camille pour le témoignage, raconte elle aussi avoir subi une agression sexuelle sous hypnose. Les faits se déroulent après l’enregistrement d’un numéro d’On a tout essayé, auquel était venu assister celle qui était âgée de 19 ans à l’époque et dont le père était fan du psychanalyste. Après avoir attendu le chroniqueur au sortir l’émission, ce dernier propose à Camille et son amie d’aller voir au Palais des glaces la pièce Commandeur & Goude, qu’il a mise en scène avec Jérôme Commandeur. Par la suite, Gérard Miller propose aux deux femmes de se rendre à son domicile pour boire un verre. Au cours de la soirée, il propose de faire "un jeu qu’il fait avec ses patients" : "L’alcool m’avait étourdie et je trouvais que ce qui se passait était un peu fou. J’étais avec un mec de la télé hyper connu, c’était comme si j’étais l’élue", se souvient Camille. "Il nous a dit de fermer les yeux, de nous imaginer dans un désert avec un cheval, tout en nous précisant que ce cheval représentait notre amant." D’un coup, le psychanalyste passe sa main sous le pull de Camille : "Il est remonté très progressivement jusqu’à ma poitrine. Je devais être dans un état second, car je n’ai pas réagi. À côté de moi, mon amie s’est levée pour partir. Je le trouvais vieux et moche, mais quelque chose en moi me laissait croire que je pouvais avoir confiance. Il avait l’âge de mon père… En plus, c’était un psychanalyste." Camille le suit dans sa chambre et s’assoit avec Gérard Miller sur son lit : "Pendant qu’on parle, il se tourne vers moi et, d’un seul coup, je sens sa langue râpeuse dans ma bouche. Et là je vrille. Je suis sidérée, c’est comme un piège qui se referme sur moi. Je ne peux plus bouger, je suis un corps mort qui tremble, une poupée qu’on déshabille et à qui l’on peut faire ce que l’on veut." Camille raconte avoir ensuite été victime d’viol, pendant lequel Gérard Miller aurait déclaré : "Je pourrai être ton professeur et tu seras mon élève." 20 ans plus tard, Camille explique être encore traumatisée et "marquée à vie". Lorsqu’elle se décide à porter plainte, elle se rend compte que les faits sont prescrits aux yeux de la loi.

En 1998, Gérard Miller est scénariste pour le film Terminale de Francis Girod. Au sein du casting ou figurent de nombreux jeunes comédiens, beaucoup décrivent un homme "collant et insistant", notamment auprès des actrices à qui il proposait des séances d’hypnose et des répétitions en tête-à-tête. Un rendez-vous qu’a vécu Anna Mouglalis, 19 ans cette année-là : "Il me parle immédiatement de visiter son home cinéma au sous-sol, je refuse. Il me suggère ensuite une séance d’hypnose, que je décline également. Je me dis que rien ne va dans ce rendez-vous. L’atmosphère se tend. Il m’annonce qu’il va donner mes répliques à une autre actrice. Les jours suivants, sur le tournage, toutes les filles parlaient de son comportement problématique. L’une d’elles nous a dit s’être laissé hypnotiser et avoir eu un rapport sexuel."

Une autre actrice se rappelle un rendez-vous similaire qui s’est tenu très tard au domicile de Gérard Miller : "En arrivant, il m’a tout de suite servi un verre et a voulu me montrer sa salle de projection au sous-sol. Je me souviens que je me suis retrouvée assise sur ses genoux. J’étais très gênée et timide, je n’ai pas osé dire non. Il m’a proposé une séance d’hypnose, mais j’ai refusé. Je suis sûre qu’il s’était arrangé pour me faire venir tard, il n’y avait plus de métro pour rentrer, j’ai dû dormir chez lui. Mais il ne s’est rien passé, il me dégoûtait. J’ai dormi dans une chambre à part, ce qui ne l’a pas empêché de débarquer en robe de chambre ringarde en plein milieu de la nuit. Je lui ai dit : ‘Non, au revoir, bonne nuit.’"

Même son de cloche du côté de Cécile Rebboah, qui a aussi témoigné de comportement étrange du psychanalyste : "Gérard Miller m’a appelée un soir tard, vers 22 heures, il voulait m’inviter à dîner pour que l’on parle du rôle. J’avais 20 ans, j’ai trouvé ça vraiment chelou, j’ai décliné. Une autre actrice m’a aussi raconté qu’il avait essayé de l’hypnotiser." Le magazine Elle ajoute qu’au moins une autre actrice aurait subi une agression sexuelle lors d’une séance d’hypnose chez Gérard Miller.

Ce n’est pas tout, puisque la baby-sitter de Gérard Miller accuse ce dernier d’agression sexuelle pour des faits qui auraient eu lieu en 1993, lorsqu’elle avait 19 ans, lorsque le psychanalyste la ramène chez elle en voiture : "Au moment de me déposer, il m’a soudainement touché les seins et a tenté de m’embrasser. Il était plus vieux que ma mère, je gardais ses enfants, ce n’était pas possible ! Je l’ai repoussé et je me suis cassée de la bagnole. L’autre jour, quand je l’ai vu s’excuser dans une émission pour ce documentaire sur Benoît Jacquot, j’ai trouvé ça insupportable." Contacté par le magazine Elle, Gérard Miller assure "n’avoir jamais abusé sexuellement de quiconque, et ce en aucune circonstance".

Par
Noah Lénaud