“Je sais qui me veut du mal” : Après les accusations de violences, Franck Gastambide sort du silence

Publié le 21 février 2025 à 17:15
Marechal Aurore/ABACA
Ce vendredi 21 février, nos confrères de Mediapart ont publié une longue enquête dans laquelle il relate les témoignages de six femmes qui accusent Franck Gastambide de comportements inappropriés voire de violences sexuelles, physiques et psychologiques. Suite à ces révélations, l'acteur et réalisateur a pris la parole sur X, ancien Twitter. 

Ce vendredi 21 février, nos confrères de Mediapart ont publié une enquête qui dévoile des accusations graves à l’encontre de Franck Gastambide, réalisateur et acteur, qui incarne pourtant un coach prônant l’antimasculinité toxique dans la série Super Mâles sur Netflix. Six femmes, dont trois anciennes compagnes et trois professionnelles du cinéma, l’accusent de violences sexuelles, physiques ou psychologiques, des témoignages confirmés par dix-sept personnes. Marion Séclin, seule à témoigner à visage découvert, relate une agression présumée sur le tournage du Débarquement en 2013 : "Il a mis sa main sur le dossier de ma chaise et a commencé à frotter son sexe sur ma main en soupirant de plaisir. » Plus tard, il lui aurait lancé : « T’as le même regard qu’une meuf qui suce, sauf que toi, tu l’as toute la journée". 

Franck Gastambide accusé par au moins six femmes

Une autre plaignante, Lily*, affirme qu’en 2020, lors de l’avant-première de Validé, il lui aurait "frotté les fesses avec son bassin pendant plusieurs secondes". Hélène*, ayant travaillé sur ce tournage, raconte avoir reçu des messages insistants : "T’as une belle bouche, tu dois bien embrasser". Elle explique avoir craint pour sa carrière en refusant ses avances. Trois ex-compagnes décrivent des comportements violents et possessifs. Chloé* évoque des situations où il l’aurait "maintenue au sol, poignets tenus" et enfermée chez lui.

Julia* raconte un harcèlement persistant après leur rupture : "Il a fracassé ma vie, et il me fait encore peur". Elle accuse aussi Franck Gastambide d’avoir exhibé une vidéo intime d’elle sans son consentement, ce qu’il nie. Franck Gastambide rejette ces accusations, parlant d’un "cauchemar" qui affecte sa "carrière, [sa] vie privée et [sa] santé mentale". Il contre-attaque en accusant l’une de ses ex-compagnes de "violences et menaces", bien qu’aucune plainte n’ait été déposée à ce jour. Il a également pris la parole ce vendredi 21 février sur X, ancien Twitter, pour se défendre une nouvelle fois de ces accusations. 

L’acteur prend la parole sur X

C’est sur fond noir que le comédien a décidé de s’exprimer afin de faire entendre sa voix, chose qu’il ne considère pas avoir été faite par nos confrères de Mediapart. "Mediapart vient de publier un article me concernant, déclenché par les mensonges et la malveillance de personnes qui, poussées par la jalousie et la frustration, me harcèlent, me menacent et cherchent à me nuire depuis plusieurs années. Pendant près de deux ans, ces journalistes ont fouillé ma vie et mon passé, remontant jusqu’à dix-sept ans en arrière. Ils ont cherché à interroger quiconque aurait quelque chose de négatif à dire sur moi, tout en laissant une rumeur infondée se propager. De mon côté, je sais qui me veut du mal, alors je me suis préparé", a-t-il d’abord écrit.

Puis de poursuivre manifestement contrarié : "Je me suis moi-même rendu chez Mediapart, seul, mais avec un dossier d’une centaine de pages sous le bras. J’ai passé cinq heures dans leurs bureaux à répondre aux questions de deux journalistes et, surtout, à leur expliquer la véritable réalité des faits, preuves à l’appui. Je leur ai fourni plusieurs dizaines de constats d’huissier de justice, de textos, de mails, de notes vocales et de nombreuses attestations de témoins. Autant de preuves accablantes des menaces et de la volonté de nuire dont je suis victime, de la part de ceux qui sont la source principale de leur enquête".

Le réalisateur regrette que la contradiction n’ait pas été assez prise en compte

Le réalisateur a notamment regretté que nos confrères aient, selon lui, "consacré plusieurs mois à chercher des éléments à me reprocher, mais seulement quelques jours à s’intéresser à la contradiction". "Pourtant, ils ont eu connaissance de mes preuves : des menaces de mort, des insultes odieuses et répétées contre ma mère, ma famille et moi-même, des menaces visant à nuire à mon image et à ma carrière, ainsi que des témoignages de proches, de collaborateurs et d’ex-compagnes racontant l’emprise et les pressions que j’ai subies", a-t-il longuement détaillé.

Et de reprendre : "Pendant plus d’un an, cette enquête a permis à un flot de rumeurs infondées de s’installer, des rumeurs bien plus graves que le contenu de l’article lui-même, alimentées par la jalousie et la frustration de ceux qui les ont déclenchées. Face à ces calomnies, j’ai livré ma vérité et les preuves qui l’accompagnent". "J’ai démontré à ces journalistes que certains de leurs informateurs leur mentaient, et je les ai même laissés consulter mon téléphone portable pour leur prouver ma bonne foi. J’ai volontiers reconnu certaines maladresses, parfois vieilles de près de dix ans, mais je n’ai pas pu reconnaître des faits dont je n’ai aucun souvenir", a-t-il conclu. Franck Gastambide reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu’à preuve du contraire. 

* Les prénoms ont été changés

Par
Kahina Boudjidj