« J’ai fait souvent ce que personne n’ose faire… » : Gérard Depardieu sort du silence après les accusations de viol et violences sexuelles

Publié le 2 octobre 2023 à 4:55
Nicolas Briquet/ABACAPRESS.COM
C’est dans une lettre ouverte, publiée dimanche dans Le Figaro, que le comédien, mis en examen pour viol et agression sexuelle, a répondu aux graves accusations qui le touchent de plein fouet.

13 : c’est le nombre de femmes qui ont pris la parole, en avril dernier, dans Médiapart pour dénoncer des faits de violences sexuelles et comportement inapproprié qui auraient été commis par Gérard Depardieu.

"Il ne parlait que de sexe, de ce qu’il aimerait faire à telle ou telle femme. À la vue d’une femme, il grognait souvent comme un animal, la dévisageait, disait : "Ça commence au départ par un truc goguenard, sympathique, puis il fait des grimaces salaces avec sa langue, des gestes obscènes, tient des propos toujours de l’ordre de « ta chatte », « tu mouilles », « enlève ton Tampax ». Et d’un coup, il arrive par-derrière et me tripote, sans demander mon avis", a par exemple dénoncé une victime présumée tandis qu’une autre femme a raconté avoir vu le comédien "mettre sa main dans la culotte des figurantes (…) aux robes au dos décolleté (…) sans que personne ne réagisse".

Si ses avocats ont rapidement réagi en "démentant formellement l’ensemble des accusations", Gérard Depardieu, lui, a choisi de garder le silence…jusqu’à récemment. Le comédien, qui est mis en examen pour viol et agression sexuelle, a décidé de "dire sa vérité" dans une lettre ouverte publiée dans Le Figaro. "Je ne peux plus consentir à ce que j’entends, ce que je lis sur moi depuis quelques mois. Je croyais m’en foutre, mais non, en fait non. Tout cela m’atteint. Pire encore, m’éteint", écrit-il ainsi.

Cette accusation de viol qu’il dément fermement

"Aujourd’hui, je ne peux plus chanter Barbara parce qu’une femme qui voulait chanter Barbara avec moi m’a accusé de viol", poursuit-il en clamant ne "jamais, au grand jamais, avoir abusé d’une femme" dans sa vie. "Faire du mal à une femme, ce serait comme donner des coups de pied dans le ventre de ma propre mère. Une femme est venue chez moi une première fois, le pas léger, montant de son plein gré dans ma chambre. Elle dit aujourd’hui y avoir été violée. Elle y est revenue une seconde fois. Il n’y a jamais eu entre nous ni contrainte, ni violence, ni protestation. Elle voulait chanter avec moi les chansons de Barbara au Cirque d’Hiver. Je lui ai dit non. Elle a déposé plainte", accuse Gérard Depardieu.

Il revient ensuite sur son comportement en tournage pointé du doigt par certaines actrices et figurantes. L’occasion pour lui de répéter que s’il a franchi certaines limites, ce n’était que pour "faire rire""J’ai fait souvent ce que personne n’ose faire : tester les limites, bousculer certitudes, habitudes et, sur un plateau entre deux prises, entre deux tensions… rire, faire rire. Tout le monde n’a pas ri", reconnait le comédien en présentant ses excuses. "Si, pensant vivre intensément le présent, j’ai blessé, choqué qui que ce soit, je n’ai jamais pensé à faire de mal et je vous prie de m’excuser de m’être comporté comme un enfant qui veut amuser la galerie. Mais je ne suis ni un violeur ni un prédateur".

Par
Clara Kolodny