"Un homme m’a violée lorsque j’avais une trentaine d’années". C’est par ces quelques mots que commence le texte écrit par Mariska Hargitay publié par People Magazine. La comédienne, star de New York, unité spéciale depuis 1999, se livre comme rarement et raconte un traumatisme dont elle n’avait jamais parlé jusqu’à présent. "Ce n’était pas du tout sexuel. C’était de la domination et du contrôle. Un contrôle écrasant", écrit-elle en précisant que son agresseur, dont elle ne cite pas le nom, était à l’époque un ami.
"J’ai essayé de faire des blagues, d’être charmante, de fixer une limite, de raisonner, de dire non. Il m’a attrapée par les bras et m’a maintenue au sol. J’étais terrifiée. Je ne voulais pas que cela dégénère en violence. Je sais maintenant qu’il s’agissait déjà de violence sexuelle, mais j’avais peur qu’il devienne physiquement violent. Je me suis figée", poursuit-elle en racontant avoir "quitté son corps" pendant son agression.
"Je n’arrive pas à croire que cela ait pu arriver", ajoute-t-elle en précisant avoir remisé ce viol dans un coin de sa tête. "J’ai maintenant beaucoup d’empathie pour la partie de moi qui a fait ce choix, car c’est cette partie qui m’a permis de m’en sortir. Cela ne s’est jamais produit. Maintenant, j’honore cette partie : J’ai fait ce qu’il fallait pour survivre (…) Pendant longtemps, je me suis concentrée sur la création d’une fondation destinée à aider les survivants d’abus et de violences sexuelles à guérir. Je construisais Joyful Heart à l’extérieur pour pouvoir travailler à l’intérieur", affirme-t-elle.
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La comédienne avoue avoir "minimisé" pendant longtemps ce que son agresseur lui a fait, allant même nier, face à son mari, avoir été victime d’un viol. Il lui a fallu des années avant d’accepter le fait qu’elle aussi était une survivante. Et c’est notamment grâce à ses proches qu’elle a vraiment réalisé ce qui lui était arrivé. "Ils ont été les premiers à dire ce qu’il en était. Ils étaient doux, gentils et prudents, mais le fait qu’ils l’aient nommé était important (…) Aujourd’hui, je suis capable de voir clairement ce qui m’a été fait. Je comprends la neurobiologie du traumatisme. Le traumatisme fracture notre esprit et notre mémoire. Comme un miroir se brise".
"Je veux que cette violence cesse. La violence sexuelle persiste non pas en raison de quelque chose d’immuable dans notre condition humaine, mais parce que des structures de pouvoir sont en place et permettent qu’elle se produise", dénonce Mariska Hargitay en rappelant que personne n’est à l’abri. "En ce qui concerne la justice, il est important de savoir qu’elle peut être différente pour chaque survivant. En ce qui me concerne, je veux une reconnaissance et des excuses. (…) Je ne sais pas ce qu’il y a de l’autre côté, et cela n’effacera pas ce qui s’est passé, mais je sais que cela joue un rôle dans la façon dont je vais surmonter cette épreuve. C’est une partie douloureuse de mon histoire. L’expérience a été horrible. Mais elle est loin de me définir, de la même manière qu’aucune autre partie de mon histoire ne me définit", conclut la comédienne.