Injures racistes aux JO : les harceleurs d’Aya Nakamura devant les juges

Publié le 9 février 2025 à 9:00
ABACA
Treize personnes, dont plusieurs membres du groupe d'extrême droite "Les Natifs", seront jugées le 4 juin prochain à Paris pour des propos racistes visant la chanteuse Aya Nakamura, suite à l'annonce de sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO 2024.

La chanteuse franco-malienne Aya Nakamura, cible d’une violente campagne de cyberharcèlement raciste suite à l’annonce de sa participation aux JO 2024, va obtenir justice. Treize personnes, principalement issues du groupuscule identitaire "Les Natifs", comparaîtront le 4 juin prochain devant le tribunal correctionnel de Paris pour injures racistes et provocation à la discrimination raciale.

Une enquête qui remonte la piste de l’extrême droite identitaire

Le parquet de Paris a confirmé que les investigations ont permis d’identifier l’origine des publications haineuses. "Les investigations ont permis de constater que les publications émanaient notamment du compte X du groupe ‘Les Natifs’ et son porte-parole Antoine G.", précise le ministère public. Un certain "Edouard M." a été identifié comme le responsable du groupe, "dont les autres avaient attendu l’aval et les consignes". Le point culminant de cette campagne haineuse fut la diffusion d’une banderole portant l’inscription : "Y’a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako".

Une mobilisation rapide de la justice et des associations

La réaction judiciaire n’a pas tardé, appuyée par la mobilisation d’associations de lutte contre le racisme. Le 13 mars 2024, la Licra et SOS Racisme ont effectué des signalements concernant ces publications racistes, suivis le 20 mars par le dépôt de plainte d’Aya Nakamura elle-même. L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre les crimes de haine et la haine en ligne (OCLCH), aboutissant à plusieurs gardes à vue et auditions libres durant l’été.

La réponse cinglante d’une artiste au sommet de sa carrière

Face à ce déferlement de haine, la chanteuse a choisi de répondre avec ironie sur ses réseaux sociaux : "Vous pouvez être raciste mais pas sourd… C’est ça qui vous fait mal ! Je deviens un sujet d’état numéro 1 en débats etc mais je vous dois quoi en vrai ? Kedal". 

Une réponse à la hauteur de son succès, elle qui est devenue l’artiste francophone la plus écoutée au monde et qui a brillamment participé à la cérémonie d’ouverture des JO 2024, interprétant ses tubes "Pookie", "Djadja" ainsi qu’une reprise de "For me Formidable" de Charles Aznavour, accompagnée par la Garde républicaine sur le pont des Arts à Paris.

Par
Mélissa Tellaa