Le tribunal a rendu son verdict. Jugé le 7 mars dernier pour avoir insulté l’ex-journaliste de Charlie hebdo, Zineb El Rhazoui, devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine), Booba a été condamné à 5000 euros d’amende. Pour rappel, il avait appelé sur Twitter à pourrir la vie de la journaliste, qualifiée de "grosse merde puante". Ces propos avaient été tenus en réaction à une sortie de l’écrivaine sur le plateau de Pascal Praud, à l’antenne de CNews, en 2019. Elle avait estimé, alors que des émeutes éclataient dans la ville de Mantes-la-Jolie (Yvelines), qu’il fallait, dans ces circonstances "tirer à balles réelles". Une prise de position qui avait créé le scandale. Me Yann Le Bras, avocat du rappeur, avait estimé que le tweet de son client relevait de l’intérêt général et qu’il ne fallait pas occulter le caractère humoristique du message de Booba. "Si les opérations de maintien de l’ordre sont un sujet d’intérêt général, les propos litigieux (de Booba, Ndlr) ne contribuent pas au débat d’intérêt général", a répondu le tribunal dans son jugement, dont nos confrères du Parisien se sont fait l’écho.
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Le président du tribunal n’a pas non plus relevé l’intention humoristique du Duc de Boulogne. En plus de 5000 euros d’amende, Booba devra verser à Zineb El Rhazoui 5000 euros de dommages et intérêts et 2000 euros pour ses frais d’avocat. "Le tribunal a pris la mesure de cette affaire", a conclu Me Le Bras après l’audience. Le 7 mars dernier, Me de Montbrial, avocat de la journaliste qui avait échappé aux attentats de Charlie Hebdo, avait assuré que Booba avait "participé" à la tempête médiatique contre sa cliente en tenant des "propos injurieux et alors que la mayonnaise montait". "Je ne vois pas pourquoi il a amorcé une sorte de fatwa. C’est franchement nauséabond", avait-il déploré. "Booba ne pouvait pas ignorer l’impact de sa réaction, qui dépasse largement ses propos débiles", avait estimé l’avocat de la plaignante.
L.C