« Ils n’ont aucune humanité ces gens ! » : Sara Forestier craque en évoquant les violences subies par Isabelle Adjani

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:47
Capture écran - Médiapart
La comédienne Sara Forestier a été submergée par l’émotion sur le plateau de Médiapart lorsqu’elle a évoqué les violences subies par l’actrice Isabelle Adjani dans une pièce de théâtre.

L’actrice Sara Forestier a fait son grand retour il y a quelques semaines dans les salles obscures, dans le film d’Emmanuel Mouret intitulé Trois amies. Au début du mois de novembre, la comédienne de L’Esquive a été auditionnée pour évoquer les violences sur les tournages du septième art. Elle a été invitée sur le plateau de Médiapart ce mardi 3 décembre afin de revenir sur l’affaire de la gifle qui l’a opposée à Nicolas Duvauchelle sur le tournage du film Bonhomme de Marion Vernoux.

Isabelle Adjani, victime d’une gifle sur les planches…

Les journalistes ont tenu à revenir sur les violences faites aux femmes dans l’industrie, ainsi que sur la prise de parole d’Isabelle Adjani dans Le Journal du dimanche, où elle évoque justement les violences dans le cinéma.

"En France, il y a les trois G : Galanterie, grivoiserie, goujaterie. Glisser de l’une à l’autre jusque’à la violence en prétextant le jeu de le séduction est une des armes de l’arsenal de défense des prédateurs et des harceleurs. (…) Dans les maisons de production, ou chez les décideurs, j’ai souvent entendu : ‘Toutes des salopes, toutes des putes de toute façon, ces actrices !" avait-elle par exemple exprimé dans cette tribune. Elle a également parlé à nos confrères de Madame Figaro d’une gifle qui lui a été administrée lors d’une pièce de théâtre, où elle avait été contrainte de quitter le plateau.

… Sara Forestier craque en évoquant cette affaire 

La réalisatrice de M a tenu à revenir sur cette prise de parole.

"L’interview d’Isabelle Adjani, c’est le déclic pour moi. J’étais dans une période où je sombrais, et tout à coup, je vois qu’il lui est arrivé la même chose. Elle est dans une pièce de théâtre, elle se prend une gifle et elle raconte qu’elle a dû arrêter la pièce de théâtre et ce sont ses mots, ‘tout le monde m’est tombé dessus à l’époque’, comme si c’était de ma faute, mais de quoi en fait ? Ils n’ont aucune humanité ces gens… C’est quoi le truc en fait…" a-t-elle confié la gorge nouée par l’émotion avant de poursuivre : "On se fait frapper et puis derrière, on doit encore ravaler notre dignité, c’est ça qui se passe… Quand je lis le témoignage d’Adjani, je comprends qu’en fait, je ne suis pas la seule à qui c’est arrivé. Et tout à coup, je pense aux sketches sur Adjani qui passent, où on fait ‘Je ne suis pas folle, vous savez’ (…) C’est ça, les réputations qu’on fait aux femmes qui résistent : folles, ingérables. Ce sont des mots où l’on peut tout englober… Donnez des faits précis et donc, c’est le service après-vente des agresseurs", a-t-elle confié.

Par
Lucas Aimé