« Il n’était pas blanc bleu » : Macha Méril accuse le cinéaste François Truffaut de comportement déplacé

Publié le 7 mars 2024 à 11:30
Starface
Lors d’un entretien avec nos confrères du Parisien ce mercredi 06 mars, la comédienne Macha Méril a révélé avoir été "importunée" par le cinéaste de François Truffaut 

Ça fait plusieurs semaines que les actrices osent prendre la parole pour dénoncer des gestes déplacés et diverses agressions sexuelles dont elles sont les victimes. Ce fut par exemple le cas de la comédienne Judith Godrèche qui a porté plainte contre les cinéastes Benoit Jacquot ainsi que Jacques Doillon. Celui qui a lancé le mouvement MeTooGarçons à savoir Aurélien Wiik a lui aussi pris la parole en révélant avoir été victime d’agressions sexuelles lorsqu’il était plus jeune.

L’actrice Macha Méril a usé de son passage auprès de nos confrères du Parisien ce mercredi 06 mars à l’occasion de l’ouverture du Festival du film russe à Paris pour évoquer son engagement féministe. La comédienne aujourd’hui âgée de 83 ans a révélé avoir été victime de comportements déplacés de la part du réalisateur de la Nouvelle Vague : François Truffaut.

"Il y a eu surtout dans le monde du spectacle avec ces rapports de pouvoir, une impunité totale, franchement, et je vous assure que toutes les actrices, y compris moi, on a été importunées par des producteurs, des agents, des metteurs en scène. Elles ont eu à souffrir des hommes. Et moi… Vous savez, François Truffaut, si respecté, n’est pas exempt de la liste des cinéastes qui ont abusé des femmes à des fins pas très honnêtes. Il n’était pas blanc bleu", a-t-elle confié avant de poursuivre : "Je n’ai pas envie de rendre public ce qui m’est arrivé avec lui quand j’étais une jeune actrice. Et sans défense. J’avais joué dans un film de Godard, avec qui il était brouillé à mort. Il fallait qu’il lui prenne la comédienne. Il faut que ça cesse, ces jeux de puissance.

Elle a aussi tenu à adresser un message à toute l’industrie du 7ème art. "Cela veut dire une révision profonde des relations entre metteurs en scène et actrices. Le cinéaste qui s’amourache, c’est très trouble, mais pas anormal. Il y a une intimité dans le cinéma, même dans la manière de filmer un visage. C’est là qu’il faut savoir garder ses distances. Le problème, c’est de ne pas faire la différence entre le fantasme créatif et le réel. Il faut donner aux femmes les instruments pour se défendre, et ne pas leur promettre : Si tu fais ça, je te donnerai d’autres rôles. C’est de l’exploitation." a-t-elle exprimé.

Par
Lucas Aimé