Festival de Cannes 2025 : un célèbre acteur écarté pour des accusations de violences sexuelles

Publié le 15 mai 2025 à 5:04
Urman Lionel/ABACA
Attendu sur le tapis rouge du Festival de Cannes pour présenter Dossier 137 de Dominik Moll, le comédien Théo Navarro-Mussy a été écarté par Thierry Frémaux, le délégué général de l’évènement en raison de graves accusations.

Le changement, c’est maintenant pour le Festival de Cannes. Pointée du doigt en 2023 pour avoir déroulé le tapis rouge à Johnny Depp pour Jeanne du Barry alors que le comédien était accusé de violences conjugales, la grand-messe du septième art a décidé cette année de prendre une mesure inédite pour un acteur cité dans une grave affaire.

Pourquoi Théo Navarro-Mussy a été écarté du Festival de Cannes 2025

L’équipe de Dossier 137 ne sera pas au complet lors de la présentation du film au Festival de Cannes 2025. Selon Télérama, un des acteurs du film, qui tient un rôle secondaire dans ce long métrage présent dans la sélection officielle, a été écarté. "Prévenu qu’un acteur au casting d’un film en compétition avait été mis en cause dans une affaire de violences sexuelles, il (Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, ndlr) a décidé, en accord avec la production du film, de déclarer le comédien concerné persona non grata sur la Croisette. La montée des marches de l’équipe du film, prévue ce jeudi 15 mai, se fera sans lui". Une information confirmée ensuite par le Festival auprès de l’AFP. "Le Festival de Cannes a interdit à un acteur, Théo Navarro-Mussy, de présenter le film "Dossier 137" de Dominik Moll en raison d’accusations de violences sexuelles, a-t-on appris mercredi auprès du Festival, confirmant des informations de Télérama", a ainsi posté mercredi soir le journaliste de l’AFP Jean-François Guyot. 

Les faits reprochés à l’acteur Théo Navarro-Mussy 

"Particulièrement active dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le cinéma, l’Association des acteur.ices (ADA) s’est fait, le 8 mai, le relais auprès de Thierry Frémaux d’un courrier signé par trois femmes accusant Théo Navarro-Mussy", écrit Télérama en précisant que le comédien vu dans les séries Hippocrate (Canal+) ou encore  Irrésistible (Disney+) était accusé par trois ex-compagnes. Ces dernières ont d’ailleurs porté plainte pour viols conjugaux, violences physiques et morales pour des faits qui se seraient produits entre 2018 et 2020. Déposée en 2023, la plainte a été classée sans suite en avril 2025 pour "infraction suffisamment caractérisée". Les plaignantes auraient l’intention "de déposer un recours en se constituant partie civile". "Nous sommes trois à avoir raconté les viols et une histoire d’emprise similaire, étayée par dix-neuf témoignages de personnes de notre entourage, amies et amis, proches de Théo, psychothérapeutes et collègues de travail. Pour nous, l’abandon de la procédure signifie que le silence d’un homme vaut plus que la parole de trois femmes. Et c’est inacceptable", ont déclaré les trois femmes à Télérama. Le comédien, qui n’a pas publiquement la parole, a contesté les faits auprès de nos confrères. Il reste présumé innocent des faits dont il est accusé.

La réaction de Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes

Assumant son choix, Thierry Frémaux a affirmé à Télérama que cette nouvelle règle concernait désormais tous les films soumis pour le Festival. "Toutes nos décisions se prennent dans la concertation. Nous en avons parlé avec l’ADA et sommes d’accord : c’est parce qu’il y a recours et donc poursuite de l’instruction que le cas est non suspensif. Quand la justice passe définitivement, cela devient différent. Mais cette hypothèse ne s’est pas présentée. (…) Les productions doivent assurer aux organisateurs que “les conditions de sécurité, d’intégrité et de dignité des personnes ont été respectées tout au long du processus de fabrication”. Nous partons de là. Toute information supplémentaire connue est bien entendu traitée. D’où notre conviction qu’il faut agir au cas par cas, spécialement quand surgissent des éléments nouveaux", a-t-il affirmé.

Par
Clara Kolodny