Début août 2022, nos confrères de Libération publiaient un entretien avec le rappeur Booba au sujet de ses actions de dénonciation des influenceurs. "Je dénonce les escrocs, on ferme mon compte au lieu de les empêcher de voler. Quand je suis parti en guerre et que j’ai dévoilé leur système, ils ont commencé à signaler mes comptes dans tous les sens. Je les ai ciblés, c’est vrai, mais pour les arnaques manifestes qu’ils pratiquent", expliquait-il d’abord. Et d’ajouter : "Honnêtement, il faut que leur monde totalement fake tombe. Voilà, c’est tout. Leur délire là, le drop-shipping [système de vente qui permet à des e-commerçants de vendre des produits sans avoir à les acheter, ndlr], c’est révoltant. Et moi, parce que j’ai de l’impact et que je suis suivi sur les réseaux, c’est ma mission de le dénoncer. Ça ne peut pas être un modèle pour la jeunesse d’être débiles, refaits et moches à ce point".
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"Il était convaincant et rassurant sur ce produit"
Depuis, beaucoup de choses se sont passées et nos confrères de franceinfo ont révélé que des victimes de ceux que Booba qualifie d’"influvoleurs" ont décidé de s’unir au sein d’un collectif afin de porter plainte contre des influenceurs français pour escroquerie en bande organisée et abus de confiance. Ils reprochent à ces personnalités d’avoir profité de leur notoriété sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram, pour les inciter à miser sur des marchés à risque et en tirer d’importants bénéfices… L’une des deux plaintes vise le couple d’influenceurs issu de la téléréalité formé par Marc et Nadé Blata et basé à Dubaï. Déjà controversés pour leur placement de produits, le couple incite également ses abonnés "à miser sur le cours très risqué des devises et des produits dérivés du Forex via à une application partenaire, avec une promesse de gains importants à la clé".
Une victime qui a perdu un peu plus de 1 000 euros l’année dernière a témoigné à Franceinfo sur le système "bien rodé" du couple Blata. "Marc Blata est certifié sur Instagram. Il a beaucoup de followers. Je l’ai vu dans l’émission de Cyril Hanouna. Ça donne une certaine crédibilité. Il était convaincant et rassurant sur ce produit. Il disait qu’il investissait comme nous. Je n’ai pas cédé tout de suite à sa promesse ‘copier-coller-encaisser’ (copying-trading dans le jargon) mais au bout d’un moment, le cadre et la façon dont ils opèrent met en confiance", expliquait la jeune victime. Le collectif d’Aide aux Victimes d’Influenceurs (AVI) écrivait au sujet des deux plaintes : "En lançant ces recours, nous souhaitons mettre en garde le public jeune et moins jeune sur les dangers des promotions de certaines ‘stars’ sans scrupule, pointer la passivité des plateformes, souligner l’impuissance des institutions et encourager d’autres procédures identiques".
Kahina Boudjidj