“Ça m’empêche de dormir la nuit” : Alain-Fabien Delon explique pourquoi il attaque en justice sa soeur Anouchka

Mis à jour le 13 janvier 2026 à 15:34
Zabulon Laurent/ABACA
La bataille autour de l’héritage d’Alain Delon a franchi un cap décisif… Invité sur RTL, Alain-Fabien Delon a révélé avoir saisi la justice suisse pour demander l’exclusion de sa sœur Anouchka de la succession de leur père. Au cœur du conflit ? Un testament de 2022 qu’il juge irrégulier et contraire aux dernières volontés de l’acteur.

La paix familiale n’aura pas survécu à la disparition d’Alain Delon. Jeudi 11 décembre, sur RTL, Alain-Fabien Delon a ravivé les tensions en annonçant avoir saisi la justice suisse afin d’exclure sa sœur Anouchka de la succession de leur père. Une procédure lourde, qui vise également leur frère Anthony et remet en cause le dernier testament signé par l’acteur en 2022. Devant Marc-Olivier Fogiel, le benjamin du clan a tenu à clarifier ses intentions. Pour lui, il ne s’agit "pas d’une question d’argent, mais pour faire respecter les dernières volontés de [son] père". Le premier testament, daté de 2005, ne pose aucun problème à Alain-Fabien. "50 % pour Anouchka, 25 % pour Anthony et lui", soit un patrimoine estimé à 25 millions d’euros. En conséquence, sa sœur devait recevoir près de 15 millions, ses frères environ 6 millions chacun.

Le testament de 2022 dans le viseur 

La rupture vient du document signé en 2022, deux ans avant la mort d’Alain Delon. Ce testament, révélé après le décès de l’acteur, confie le droit moral exclusivement à Anouchka. Trois mois plus tard, celle-ci a également perçu 51 % des parts d’Alain Delon International Distribution (ADID), fondement de la marque de vêtements qu’elle a lancée récemment. Pour son frère cadet, ce basculement n’a rien d’anodin. "Il y a eu, à mon sens, du détournement ou du vol, qui restent encore à prouver bien évidemment, mais ce n’est pas l’expression des dernières volontés de mon père", a regretté celui qui porte le prénom du Guépard. Et d’ajouter que ce changement revient à "empêcher deux autres enfants de profiter en fait de leur nom", ce qu’il décrit comme "un déni d’existence".

Pour justifier sa contestation, Alain-Fabien évoque l’état de santé dégradé de son père dans ses dernières années, marqué par un AVC en 2019. Il affirme qu’aucun test cognitif n’a validé sa capacité à signer un document aussi important. "Des fois il divaguait complètement (…) Il avait des moments de lucidité, mais ça c’est dégradé les trois dernières années", a-t-il précisé en confiant : "Ça m’empêche de dormir la nuit". Le signe le plus troublant selon lui ? "À partir du moment où il est devenu mielleux et gentil, il y avait un problème", a avoué le jeune papa qui dénonce également les conditions dans lesquelles le testament aurait été signé. 

"Ils l’ont sorti de cette clinique, ils l’ont amené chez un notaire, ils l’ont fait signer un testament et ils l’ont ramené à la clinique", a-t-il assuré. Une manœuvre qu’il juge "tendancieuse", d’autant que plusieurs exécuteurs testamentaires seraient, selon lui, motivés par un intérêt personnel… "Je trouve ça un peu douteux d’amener quelqu’un à l’hôpital pour l’exfiltrer pendant quelques heures, le temps de signer des documents très importants", a-t-il complété. 

La bataille entre frères et soeur s’étend au domaine de Douchy

Le conflit ne se limite pas à la répartition des droits et du patrimoine. La vente éventuelle du domaine de Douchy, où repose Alain Delon, fracture un peu plus la fratrie. Anouchka et Anthony seraient favorables à sa cession, contrairement à leur petit frère, profondément attaché à ce lieu. "Comment faire du profit sur la dernière demeure de papa ? Ça me fait vraiment beaucoup de mal", a regretté Alain-Fabien même s’il dit comprendre, malgré tout, le désir d’Anthony de "clôturer cette guerre d’héritage", en raison de son âge et de son souhait d’apaisement. À ceux qui soupçonnent une bataille financière, Alain-Fabien oppose l’idée d’une quête de justice : "J’ai toujours été dans la merde et je me suis toujours débrouillé tout seul". Puis de conclure en assurant être prêt à un long combat judiciaire : "Donc que ça prenne de longues années, je n’en ai rien à faire (…) Je compte bien aller au bout des choses"

Par
Kahina Boudjidj