Affaire Stéphane Plaza : M6 prend une décision importante suite au verdict de la justice

Publié le 19 février 2025 à 6:19
Jumeau Alexis/ABACA
L’animateur et agent immobilier Stéphane Plaza, visage emblématique de M6, est au cœur d’une tourmente judiciaire qui bouleverse son avenir télévisuel. Reconnu coupable de violences habituelles sur conjoint, il a été condamné à douze mois de prison avec sursis. Face à cette décision, la chaîne a annoncé la déprogrammation immédiate de toutes ses émissions.

Tout a commencé en septembre 2023 lorsque Mediapart a publié une enquête accablante, révélant les témoignages de plusieurs ex-compagnes accusant Stéphane Plaza de violences conjugales et psychologiques. Initialement prévu en août 2024, son procès avait été reporté au 9 janvier dernier en raison de "manifestations dépressives sévères" invoquées par son avocate. Finalement, le 18 février 2025, la justice a rendu son verdict. Selon la journaliste Noémie Schulz, de France Télévisions, qui a suivi l’audience, Stéphane Plaza a été reconnu coupable des faits reprochés par son ex-compagne Amandine, à qui il avait notamment tordu les doigts jusqu’à en casser un et en luxer deux autres.

Stéphane Plaza condamné

Il a ainsi écopé d’une peine de douze mois de prison avec sursis et d’une interdiction de contact avec la victime pendant trois ans. Toutefois, il a été relaxé des accusations portées par une autre ex-compagne, Paola, faute de preuves suffisantes. Dès l’annonce de la condamnation, ses avocats ont indiqué leur volonté de faire appel. Me Hélène Plumet a déclaré à BFMTV : "Il va faire appel et il y a toujours la présomption d’innocence". Un point également souligné par son autre avocat, Me Carlo Alberto Brusa, qui a affirmé : "Comment voulez-vous qu’il puisse accepter cette condamnation alors que la chose qui caractérise sa vie est la gentillesse ?". Il a ajouté que toutes les voies judiciaires seraient explorées, y compris un possible recours devant la Cour de cassation.

M6 tourne la page ? 

Malgré l’annonce de cet appel, M6 a pris une décision radicale. Dans un communiqué adressé à l’AFP, la chaîne a affirmé : "Le Groupe M6 prend acte de la décision de justice prononcée aujourd’hui à l’encontre de Stéphane Plaza (…) ainsi que de l’intention de ses avocats de faire appel. Dans l’attente des éventuelles suites juridiques, le Groupe M6 a décidé, à compter de ce jour, la déprogrammation des émissions dans lesquelles l’animateur était présent. Stéphane Plaza a été informé de cette décision"

Si la chaîne avait initialement soutenu son animateur en attendant le jugement, elle a finalement pris ses distances après le verdict. En avril dernier, Nicolas de Tavernost, alors dirigeant de M6, déclarait encore : "Sur le plan professionnel, il n’y a rien qui puisse justifier sa mise à l’écart, c’est clair et net. (…) Sur le plan personnel, il y aura un jugement et on prendra nos responsabilités". La sentence est donc tombée, et M6 assume ce choix de rupture.

Une disparition progressive de l’antenne

Bien que la décision de déprogrammation semble soudaine, elle résulte en réalité d’une mise à l’écart discrète et progressive. Depuis la publication de l’enquête de Mediapart, M6 avait réduit la diffusion de ses émissions phares comme Chasseur d’appart’ et Maison à vendre. La chaîne avait déjà cessé la production de nouveaux épisodes et limitait les apparitions de l’animateur en prime time.

Seuls deux numéros inédits de Recherche appartement ou maison étaient encore en attente de diffusion, mais il est désormais peu probable qu’ils soient diffusés. Les week-ends, autrefois marqués par des rediffusions en boucle de ses émissions, ont progressivement été remplacés par d’autres programmes comme Cauchemar en cuisine ou La Meilleure boulangerie de France. À compter du 9 mars prochain, les traditionnels après-midis consacrés à Maison à vendre disparaîtront définitivement. À la place, la chaîne proposera une nouvelle case documentaire intitulée Un jour, un doc. Un changement stratégique qui vise à faire oublier la présence de Stéphane Plaza à l’antenne et à préserver l’image de la chaîne.

Par
Kahina Boudjidj