Affaire Marilyn Manson : La plainte pour agression sexuelle relancée par son ancienne assistante grâce à une nouvelle loi 

Publié le 27 janvier 2026 à 14:12
Lukas Hoffmann
Un an après avoir échappé à des poursuites pénales, Marilyn Manson fait face à un nouveau coup de théâtre judiciaire. Une plainte pour agressions sexuelles, longtemps classée sans suite, vient d’être officiellement relancée à la faveur d’une nouvelle loi californienne, rouvrant un dossier que l’on croyait définitivement clos.

Un dossier que l’on croyait clos vient de connaître un spectaculaire rebondissement. Ce lundi 26 janvier, Marilyn Manson a essuyé un revers judiciaire majeur à Los Angeles puisqu’une plainte déposée par une ancienne assistante, longtemps classée sans suite, a été officiellement rouverte et pourra désormais suivre son cours devant les tribunaux. À l’issue d’une audience tenue au centre-ville, le juge de la Cour supérieure de Los Angeles, Steve Cochran, a donné raison à Ashley Walters. "La requête en réexamen déposée par Ashley Walters le 07/01/2026 est acceptée", a-t-il tranché, avant de préciser que "La loi permet la réactivation de la demande. Le tribunal annule et invalide le classement prononcé le 16/12/2025 pour l’ensemble de l’action. Le tribunal annule également sa précédente décision accordant le jugement sommaire". Une décision qui rouvre de facto l’intégralité de la procédure.

Une nouvelle loi change la donne

Déposée une première fois en 2021 contre Brian Warner, le véritable nom de Marilyn Manson, la plainte d’Ashley Walters semblait pourtant définitivement enterrée il y a encore quelques semaines mais l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi californienne a changé la donne. L’Assembly Bill 250, signée l’an dernier par le gouverneur Gavin Newsom et appliquée depuis un peu plus de trois semaines, prolonge de deux ans le délai permettant aux adultes de faire valoir des accusations d’agressions sexuelles auparavant frappées par la prescription. Le texte prévoit ainsi la réactivation de plaintes "qui auraient autrement été prescrites avant le 1er janvier 2026, parce que le délai de prescription applicable était ou avait expiré".

C’est précisément sur ce fondement juridique que la procédure contre Marilyn Manson a pu être relancée. Ashley Walters accuse le chanteur de harcèlement sexuel, d’abus, d’agression sexuelle, de violences psychologiques intentionnelles et de licenciement abusif, en lien avec une période durant laquelle elle aurait travaillé pour lui entre 2010 et 2011. Comme dans les autres affaires qui l’ont visé, notamment celles d’Evan Rachel Wood ou d’Esmé Bianco, l’artiste a toujours nié l’ensemble des faits. Le parcours judiciaire de cette plainte est pour le moins chaotique. Rejetée une première fois en mai 2022 pour "manque de faits suffisants", elle avait été brièvement relancée en appel avant d’être à nouveau classée le 16 décembre dernier.

Le calendrier judiciaire est désormais relancé 

À l’époque, le juge Cochran soulignait : "Nous sommes dans une situation où la plainte n’a pas été déposée avant environ dix ans après les faits allégués", ajoutant : "Je n’ai pas l’autorité nécessaire pour décider que la théorie de la découverte tardive s’applique dans les circonstances de cette affaire". Une analyse rendue caduque par l’adoption de la nouvelle loi et la demande de réexamen formulée par la plaignante. Du côté de la défense d’Ashley Walters, la satisfaction est palpable. "Nous sommes ravis pour Mme Walters. Elle n’a jamais cessé de se battre pour obtenir justice", a déclaré son avocate, Bina Ahmad, à Deadline.

L’avocate a insisté sur la détermination de son équipe et a précisé que les conseils d’Ashley Walters "entendent poursuivre le combat pour Mme Walters jusqu’à ce que M. Warner réponde enfin de ses abus". Et de marteler : "M. Warner a tenté à maintes reprises d’échapper à toute responsabilité pour les abus commis contre Mme Walters. Mais désormais, grâce à l’AB 250, des agresseurs comme M. Warner ne peuvent plus se retrancher derrière la prescription". Une conférence de gestion de l’affaire a été fixée au 27 mars, prélude possible à un procès si aucun accord à l’amiable n’intervient d’ici là.

La défense de Marilyn Manson, en revanche, minimise largement la portée de cette décision. Son avocat, Howard King, se dit convaincu que la procédure n’ira pas bien loin. "Ashley Walters a été autorisée à poursuivre une revendication limitée d’agression sexuelle en vertu de la nouvelle loi, une revendication qui ne survivra pas à la prochaine requête en jugement sommaire", a-t-il affirmé. Il a ajouté qu’"Elle n’a actuellement aucune plainte en cours pour agression sexuelle telle que définie par le code pénal, comme l’exigerait la nouvelle loi, et elle n’est pas autorisée par la décision à ajouter de nouvelles accusations", avant de conclure sans détour : "Le fait incontestable est que M. Warner n’a jamais commis d’agression sexuelle"

Par
Kahina Boudjidj