Yves Boisset, réalisateur et scénariste français reconnu pour son engagement cinématographique, est décédé le 31 mars 2025 à Levallois-Perret, à l’âge de 86 ans. Né le 14 mars 1939 à Paris, Yves Boisset a nourri dès son jeune âge une passion pour le septième art. Il a débuté sa carrière en tant que critique de cinéma, collaborant avec Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon sur l’ouvrage "Vingt ans de cinéma américain". Parallèlement, il a acquis une précieuse expérience en tant qu’assistant réalisateur auprès de figures emblématiques telles que Yves Ciampi, Sergio Leone, Jean-Pierre Melville et Claude Sautet.
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Un réalisateur engagé
En 1968, Boisset réalise son premier long métrage, "Coplan sauve sa peau", un film d’espionnage qui marque le début d’une filmographie riche et engagée. Les années 1970 constituent une période prolifique pour le cinéaste, durant laquelle il s’attaque à des sujets sociopolitiques sensibles. "Un condé" (1970) offre une critique acerbe des forces de l’ordre, tandis que "L’Attentat" (1972) s’inspire de l’affaire Ben Barka. Avec "R.A.S." (1973), abréviation de "Rien à signaler " qui reflète le jargon militaire utilisé pour indiquer une "absence" d’incidents. Le film offre une critique acerbe de la guerre d’Algérie et des méthodes employées par l’armée française. La sortie du long-métrage a rencontré de nombreux obstacles, notamment des coupes exigées par la censure française, en particulier concernant les scènes de torture. Malgré ces difficultés, "R.A.S." a attiré plus de 1,3 million de spectateurs en France.
Yves Boisset récompensé pour son travail
On connaît aussi Yves Boisset pour "Dupont Lajoie" (1975), film à travers lequel il dénonce le racisme ordinaire en France. Dans "Le Juge Fayard dit Le Shériff" (1977), il met notamment en lumière les dérives du système judiciaire français. Outre ses œuvres engagées, Yves Boisset a adapté des auteurs renommés au cinéma. Il a porté à l’écran "Un taxi mauve" (1977) de Michel Déon, "La Clé sur la porte" (1978) de Marie Cardinal, mais aussi "Canicule" (1984) de Jean Vautrin.
Dans les années 1980, confronté à des obstacles pour réaliser certains projets cinématographiques, le réalisateur engagé s’est tourné vers la télévision. Il y a réalisé des œuvres historiques marquantes telles que "L’Affaire Seznec" (1993), "L’Affaire Dreyfus" (1995), "Le Pantalon" (1997), "Jean Moulin" (2002) et "L’Affaire Salengro" (2009). Ces téléfilms, salués pour leur rigueur et leur engagement, lui ont valu plusieurs distinctions, dont des 7 d’or pour "L’Affaire Seznec" et "Le Pantalon". En 2011, Yves Boisset publie son autobiographie intitulée "La vie est un choix", dans laquelle il est revenu sur son parcours, ses combats et sa vision du cinéma.