« Vous avez dit un mot qui ne me plaît pas beaucoup » : Yannick Alléno reprend la journaliste Nathalie Levy au sujet de la mort de son fils Antoine

Publié le 5 janvier 2024 à 6:44
Canal+
Invité dans En Aparté ce jeudi 4 janvier, Yannick Alléno est revenu avec émotion sur la mort de son fils Antoine survenue en 2022. L'occasion pour le chef d'évoquer le combat qu'il mène depuis ce drame.

Le 8 mai 2022, Yannick Alléno a vu sa vie basculer. Alors qu’il n’avait que 24 ans, son fils Antoine, passionné lui aussi de cuisine, est percuté par une voiture sur son scooter. L’auteur de l’accident, connu des services de police, était ivre, sous l’emprise de stupéfiants et conduisait un véhicule volé. Le fils du chef meurt sur le coup. Depuis, Yannick Alléno mène un combat sans relâche pour venir en aide aux familles des victimes ayant vécu des drames similaires.

Ce jeudi 4 janvier, Yannick Alléno était invité de l’émission En Aparté diffusée sur Canal+. Au moment d’évoquer le décès d’Antoine, Nathalie Levy a utilisé le terme "d’accident de la route". Des propos qui ne conviennent pas à Yannick Alléno, qui se bat pour faire reconnaître ce genre de cas en "homicide routier" : "Déjà vous avez dit un mot qui ne me plaît pas beaucoup, c’est l’accident", lance dans un premier temps le père endeuillé. "Aujourd’hui, il est important de parler et de qualifier les choses. Quand on les nomme, le mal est beaucoup plus facile à traiter. L’année dernière, plus de 529 enfants de 15 à 25 ans sont partis d’homicide routier."

Yannick Alléno a ensuite expliqué avec émotion pourquoi la qualification du drame ayant touché son fils le mettait hors de lui : "Quand j’ai vu Antoine par terre, parce qu’il est mort en bas de la maison… On rentre dans un cycle assez difficile à digérer. Je me retrouve dans la juge d’instruction qui, je pense, fait un travail remarquable. Elle m’a dit : « On a arrêté ce monsieur, et on l’accuse d’homicide involontaire. » Ça m’a fait bouillir. Comment on peut qualifier ça comme ça, d’un type qui a volé une voiture avec violence, qui avait bu et consommé des substances, qui fuyait, qui arrivait à une vitesse de plus de 100 km/h dans le dos de mon fils ? Et en plus, le gars fuit son crime. C’est un lâche, il s’est barré, sans même regarder si on allait bien. On ne peut pas parler d’accidentologie. Mon combat aujourd’hui c’est de faire changer les mots. On en a marre d’entendre dire que nos enfants sont morts de façon involontaire, parce que la plupart du temps, ce n’est pas le cas."

"J’ai vu des choses quand ça nous est arrivé que je ne souhaite à personne", poursuit Yannick Alléno, marqué par les procédures ayant suivi la disparition d’Antoine. "J’ai vu des choses quand ça nous est arrivé que je ne souhaite à personne. C’est impressionnant, c’est un marasme de violences administratives. Il faut savoir que vous héritez de votre enfant. Je me suis retrouvé devant le notaire en me demandant ce que j’allais faire des fringues de mon enfant. Il n’y a pas d’empathie du tout. Quand c’est arrivé à Antoine, c’était une scène de chaos en bas de chez nous, un amas de métaux, Antoine dans son sang. Ils m’ont mis dans une ambulance parce que je ne pouvais pas marcher, rien. J’arrive à l’Hôtel Dieu, il n’y avait personne pour nous accueillir." Le chef étoilé, qui a depuis créé une association, compte ainsi poursuivre son combat pour "remettre un peu d’humanité" : "C’est difficile de perdre un enfant. Il y a même des enfants qui sont enterrés sans pierre tombale parce que l’instruction n’est pas finie, les parents n’ont pas les moyens. Pour moi, c’est inadmissible. C’est inadmissible d’imaginer une famille ressortir le corps de leur enfant pour le remettre dans une tombe convenable. C’est inadmissible d’entendre dire que les frangins, les co-victimes, n’ont pas d’assistance psychologique… C’est un chaos familial."

Par
Benoît Lesueur