C’est en novembre 2019 que le journaliste Claude Sempère s’est éteint des suites d’un mésothéliome, une forme de cancer agressif. Passé par France Télévisions, le grand reporter pour l’émission "Envoyé spécial" sur France 2, était l’époux de Dominique Lagrou-Sempère, figure emblématique d’une autre chaîne puisqu’elle officiait aux côtés de Jean-Pierre Pernaut dans "Le 13 Heures" de TF1. Mère de deux enfants, la famille a dû faire face à la douleur du deuil et la journaliste s’est longuement confiée dans une interview accordée à nos confrères du magazine Gala. "J’ai besoin de partager les dates de l’anniversaire et du décès de Claude pour ancrer l’absence dans le temps et dans la vie. Ce sont les vivants qui font vivre les morts. C’est vertigineux de se dire que depuis cinq ans, mes enfants ne voient plus leur papa, qu’il n’est plus dans cette maison. Et en même temps, j’ai l’impression que c’était hier", a-t-elle d’abord déclaré.
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La peur d’oublier ?
Si elle a quelques craintes, celle de l’oubli de son défunt mari n’en fait pas partie. "Nous avons les cadeaux laissés par son travail, ses reportages, sa voix… Nous nous sommes rencontrés en 1998, la maladie est entrée dans notre vie, puis la mort a décidé de l’emporter. Il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas se battre. On peut se positionner en victime, c’est une phase de deuil par laquelle je suis passée. Aujourd’hui, l’énergie que je veux mettre dans ma vie est riche de ce passé, de cet amour", a détaillé Dominique Lagrou-Sempère.
Le deuil comme un "tremblement de terre"
La maman de Mathilde et Esteban s’est alors souvenue de la période lors de laquelle elle a perdu son mari. "Quand l’autre part, on est submergé par la tristesse, par la douleur, on pense qu’on ne saura pas faire. Moi, cela m’est arrivé à l’âge de 45 ans, j’étais à mi-chemin de mon existence. Mes enfants m’ont sauvé la vie. Ils ne pouvaient pas subir la double peine d’avoir un père parti et une mère défaillante", a-t-elle expliqué.
Et Dominique Lagrou-Sempère d’ajouter : "C’est un peu comme après un tremblement de terre. Si vous regardez bien, tout n’est pas détruit. Les fondations sont là. Elles étaient dans mes enfants, mélange de nous deux, dans ma famille, dans mes amis. A moi de reconstruire. J’ai décidé de le faire vite, très vite. Je me suis fait aider par une psy car ceux qui vous aiment ne peuvent pas porter tout ça, en fait". La journaliste a conclu sur le fait que dans "cette période de deuil, de douleur", elle a fait le choix de se mettre "à l’écart de cette vie parce qu’il fallait [qu’elle] souffre". "J’ai appris à laisser filer l’existence sans moi. J’avais besoin d’en passer par là. Et quand je lui ai rouvert la porte, les choses ont changé", a-t-elle terminé.