Le monde de l’animation perd l’un de ses grands architectes. Roger Allers, réalisateur et scénariste majeur de la renaissance Disney, s’est éteint à l’âge de 76 ans, laissant derrière lui une œuvre qui a marqué plusieurs générations de spectateurs à travers le monde. C’est Dave Bossert, producteur et collaborateur fidèle, qui a annoncé la disparition du cinéaste dans un message publié dimanche sur Facebook. "Je suis profondément attristé par la nouvelle que notre ami Roger Allers est passé vers son prochain voyage", a-t-il écrit, soulignant l’irréalité de la situation : "Nous échangions encore des e-mails la semaine dernière pendant qu’il voyageait en Égypte, ce qui rend cette perte d’autant plus irréelle".
Roger Allers, pilier de la renaissance de l’animation Disney
Pour Dave Bossert, Roger Allers était avant tout "un artiste et cinéaste extraordinairement talentueux, un véritable pilier de la renaissance de l’animation Disney". Entré chez Disney au début des années 1980, Roger Allers s’était d’abord illustré comme storyboard artist sur Tron (1982), avant de participer à Oliver & Company (1988) et La Petite Sirène (1989). Il avait ensuite occupé un rôle clé en tant que responsable de l’histoire sur La Belle et la Bête (1991). "J’ai eu le privilège de faire partie de l’équipe avec Roger sur de nombreux films à la fin des années 1980 et tout au long des années 1990", a rappelé Dave Bossert, saluant "l’une des personnes les plus bienveillantes que l’on puisse espérer connaître et côtoyer professionnellement".
Le sommet de sa carrière reste sans doute Le Roi Lion (1994), qu’il a coréalisé avec Rob Minkoff. Un succès mondial. "Malgré le succès phénoménal du Roi Lion, cela ne lui est jamais monté à la tête", a insisté Dave Bossert. Puis ce dernier d’ajouter : "Roger traitait tout le monde avec une gentillesse et un respect sincères, quel que soit le titre ou la fonction". Il a notamment évoqué leur collaboration sur La Petite Fille aux allumettes : "Ce fut un pur bonheur — il portait en lui un sens de l’émerveillement, une générosité et un enthousiasme qui élevaient tous ceux qui l’entouraient. Roger avait un esprit lumineux et joyeux, et le monde est plus sombre sans lui. Repose en paix, mon ami. Jusqu’à ce que nous nous retrouvions de l’autre côté".
Roger Allers aux manettes de bien des succès de Disney
La disparition de Roger Allers a également suscité une réaction officielle de Bob Iger, PDG de Disney. Dans un communiqué, il a salué "un visionnaire créatif dont les nombreuses contributions à Disney continueront de vivre pendant des générations". "Il comprenait le pouvoir d’un grand récit — la manière dont des personnages inoubliables, l’émotion et la musique peuvent s’unir pour créer quelque chose d’intemporel", a-t-il ajouté, estimant que son travail avait "aidé à définir une ère de l’animation qui continue d’inspirer des publics du monde entier".
Né le 29 juin 1949 à Rye, dans l’État de New York, Roger Allers a grandi en Arizona. Diplômé en arts plastiques de l’université d’Arizona State, il a débuté chez Lisberger Studios, collaborant notamment sur Sesame Street. Après un passage à Los Angeles pour travailler sur Animalympics (1980) et Tron, il a également séjourné au Japon pour le projet Little Nemo : Les Aventures au pays de Slumberland (1989). De retour à Los Angeles en 1985, il a rejoint durablement les rangs de Disney, contribuant à Bernard et Bianca au pays des kangourous, Le Prince et le Pauvre, avant de signer donc Le Roi Lion, récompensé par le Golden Globe du meilleur film – comédie ou comédie musicale.
Il a aussi été l’auteur de l’adaptation scénique de La comédie musicale Le Roi Lion, couronnée par un Tony Award en 1998. Par la suite, Roger Allers a continué d’explorer d’autres univers, en participant à Kuzco, l’empereur mégalo, Lilo & Stitch, puis en co-réalisant Les Rebelles de la forêt pour Sony et Le Prophète en 2014. Il laisse derrière lui son ex-épouse Leslee Hackenson, ainsi que leurs deux enfants, Leah et Aidan, et surtout un héritage artistique considérable dans l’histoire de l’animation.