Son charisme naturel nous aurait presque fait passer à côté de sa légère perte de poids. En mai 2024, sous le soleil du Festival de Cannes, nous rencontrions Julian McMahon pour la dernière fois. S’il luttait certainement déjà contre le cancer qui allait l’emporter quatorze mois plus tard, à 56 ans, l’acteur n’en laissait rien paraître. Souriant et chaleureux, il mesurait sa chance : "Quand j’ai commencé ce métier, j’ai dressé la liste des choses que je voulais accomplir. Venir à Cannes était tout en haut." Avec The Surfer – qu’il défendait sur la Croisette -, il impressionne dans la peau d’un salaud qui s’amuse à torturer psychologiquement le personnage de Nicolas Cage. L’un de ses meilleurs rôles : "En lisant le script, je l’ai tout de suite vu : sa façon de bouger, sa pilosité faciale, ses cheveux… Tout était évident pour moi."
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Charmed, "une formidable période"
Au début des années 2000, McMahon était connu dans le monde entier pour son interprétation de Cole Turner, démon ambigu de Charmed. "Formidable période. Ma fille venait de naître et je cherchais un projet stable en Californie. Ce rôle m’est tombé dessus. Je revendique pleinement cette série, qui était très drôle. Et j’ai eu la chance de bosser chaque jour avec la charmante Alyssa Milano !"
Suivront notamment le film Les Quatre Fantastiques – "Le Docteur Fatalis était l’un de mes personnages de comics préférés. Pouvoir l’incarner était un honneur" nous dit-il – et la série Nip/Tuck, où il jouait un chirurgien esthétique coureur de jupons et obsédé par l’argent. "Huit ans de ma vie, un voyage extraordinaire. Ryan Murphy, le showrunner, était un précurseur aux idées géniales. La série est devenue une sorte de marqueur pop-culturel de son époque."
Julian McMahon : "Vivre, c’est faire des choix"
Depuis, Hollywood avait été moins généreux avec le comédien. Mais Julian McMahon prenait sa part de responsabilité : "J’ai moins cherché de rôles car j’avais ma fille à élever. Et c’était plus important que tout le reste." Puis, se levant dans son impeccable costume bordeaux, il nous avait glissé ceci en nous serrant la main : "Vivre, c’est faire des choix."