Mort du footballeur tunisien Nizar Issaoui à seulement 35 ans dans des conditions terribles

Publié le 17 avril 2023 à 9:43
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Le joueur Nizar Issaoui est décédé après s'être immolé par le feu pour protester contre les abus de la police.

Terrible nouvelle pour le football tunisien. Le joueur Nizar Issaoui est mort après avoir mis fin à ses jours, en s’immolant par le feu, en début de semaine dernière, a révélé son frère Ryad Issaoui. Par ce geste, le jeune homme de 35 ans souhaitait protester contre "l’Etat policier", après avoir eu un contentieux avec les forces de l’ordre. Il est décédé dans la localité de Haffouz, dans la région de Kairouan (centre), ont rapporté nos confrères de BFMTV. Le joueur était actuellement sans emploi après avoir évolué dans plusieurs clubs tunisiens de l’élite, mais aussi de divisions inférieures. Son geste était prémédité et Nizar Issaoui avait laissé un message sur Facebook avant de mettre fin à ses jours "par le feu". "Je n’ai plus d’énergie, que l’Etat policier sache que la peine sera exécutée ce jour", avait-il écrit. Lors de ses obsèques, qui ont été organisées ce vendredi 14 avril, des violences ont éclaté entre des manifestants et la police. Ces derniers ont notamment fait usage de gaz lacrymogènes, selon des médias locaux. "Avec notre sang et avec notre âme nous nous sacrifierons pour toi Nizar", ont notamment lancé des manifestants en marge de ses funérailles. 

Nizar Issaoui aurait été accusé "de terrorisme" par les autorités. D’après des médias tunisiens, ces accusations auraient émergé après que le footballeur se soit présenté dans un commissariat pour se plaindre qu’un marchand de fruits vendait des bananes au prix de dix dinars (3 euros) le kilo, soit le double du montant fixé "par les autorités pour lutter contre la spéculation dans un contexte de pénuries", a précisé BFM. "Pour une dispute avec une personne vendant les bananes à 10 dinars, on m’accuse de terrorisme (…) Du terrorisme pour une affaire de bananes", déplorait Nizar Issaoui dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux. Des heurts ont éclaté entre des jeunes manifestants et la police après l’annonce de sa mort le 13 avril dernier. Cette affaire n’est pas sans rappeler celle qui avait déclenché la révolution tunisienne en 2010. Le 17 décembre 2010, ce mouvement de protestation avait en effet débuté après que Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant, s’immole par le feu. 

L.C

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