Depuis l’annonce hier soir de la mort d’Igor Bogdanoff, qui a succombé au Covid-19 moins d’une semaine après son frère Grichka Bogdanoff, les proches des deux scientifiques sortent du silence pour saluer leur mémoire. Après leur attaché de presse qui est intervenu hier soir dans Touche pas à mon poste (C8) au côté de leur ami Pierre-Jean Chalençon, c’est leur éditeur qui s’est confié dans un entretien accordé au Parisien/Aujourd’hui en France. L’occasion pour lui d’évoquer le travail d’écriture à quatre mains des jumeaux mais aussi de faire quelques confidences sur certains de leurs travers.
« Ils étaient multiformes, inventifs, un peu arnaqueurs… Et à chaque fois, ils demandaient des à-valoir très confortables ! », a ainsi lancé Gérard de Cortanze qui les connaissait depuis près de 45 ans. Evoquant la « tendresse qu’il éprouvait pour eux », l’éditeur a salué leur gentillesse, leur sympathie et leur bienveillance même s’ils avaient, selon lui, l’habitude de « toujours tout faire au dernier moment » et de se « renvoyer la balle en permanence » au moindre problème. « Ils ont brûlé la chandelle par les deux bouts. Un jour, ils avaient beaucoup d’argent, le lendemain ils étaient criblés de dettes ; ils avaient des femmes et puis, plus de femmes », a-t-il par ailleurs ajouté en se rappelant leur grand humour. « Quand on leur demandait si leur père était vraiment un Martien, ils répondaient : ‘Bien sûr. Tu nous as regardés ?’ », s’est-il souvenu.
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Si Gérard de Cortanze a publié le Code secret de l’Univers des deux frères, il n’a pas caché à nos confrères que certaines de leurs théories étaient « fumeuses ». « Ils argumentaient avec tant d’intelligence et de génie qu’on avait envie de les suivre. Quand on publiait un livre des Bogdanov, on savait qu’on ne publiait pas des chercheurs patentés du CNRS », a-t-il ajouté en saluant leur travail de vulgarisation sur l’univers et le cosmos.
Revenant sur leur combat contre le Covid-19, l’éditeur a avoué qu’il était persuadé qu’Igor ne survivrait que peu de temps à son frère jumeau Grichka. « Ils étaient tellement liés… Igor a dû évidemment sentir la mort de Grichka. Quand l’un commençait une phrase, l’autre la terminait. Ils parlaient toujours d’une même voix ».
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Clara Kolodny