Mort de Xavier Durringer : le cinéaste de « La Conquête » s’éteint à 61 ans

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:29
ABACA
Xavier Durringer, réalisateur de "La Conquête" sur Nicolas Sarkozy, est mort samedi à 61 ans d'une crise cardiaque à son domicile de L'Isle-sur-la-Sorgue.

Le réalisateur et dramaturge Xavier Durringer est décédé samedi 4 octobre d’une crise cardiaque à son domicile de L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. À 61 ans, l’auteur du biopic audacieux sur Nicolas Sarkozy laisse derrière lui une œuvre marquée par un regard cru sur notre société.

La disparition brutale de Xavier Durringer

Xavier Durringer s’est éteint brutalement à 61 ans, terrassé par une crise cardiaque. "Rien ne pouvait laisser présager cette nouvelle qui va dévaster toutes les personnes qui l’aimaient", a confié son agente Céline Kamina à l’AFP. Elle a salué "un immense auteur, un homme de troupe en recherche perpétuelle, à toujours vouloir approfondir son savoir, son travail".

Né à Paris en décembre 1963, le cinéaste avait connu un destin marqué dès l’origine : sa mère était décédée en couche. "Écrire m’a donné un ticket pour l’existence", confiait-il en 2019 lors d’une masterclass à la Société des auteurs.

Du théâtre punk au biopic présidentiel à Cannes

Xavier Durringer se révèle d’abord au théâtre. À 19 ans, il fonde sa compagnie La Lézarde et écrit des pièces au ton radical, qu’il qualifiait de "un peu punk, qui bousculait l’institution". En 1988, il présente "Une rose sous la peau" au festival Off d’Avignon avant d’accéder au "in" en 1998 avec "Surfeurs", décrit comme une "chronique désenchantée de notre monde en perdition".

Il passe au cinéma en 1993 avec "La Nage indienne", révélant Karin Viard, puis signe en 1997 "J’irai au paradis car l’enfer est ici", salué comme "un polar français digne de Scorsese". Pour l’écriture, il s’était associé à un ex-braqueur, recherchant l’authenticité.

Mais c’est "La Conquête" en 2011 qui le propulse sous les projecteurs. Ce biopic sur l’ascension de Nicolas Sarkozy entre 2003 et 2007, avec Denis Podalydès dans le rôle du futur président, fait date : jamais un film de fiction n’avait été consacré à un président en exercice. Présenté hors compétition à Cannes, le projet suscite une énorme attention médiatique. Nicolas Sarkozy refuse de le voir et se justifie : "Je n’ai pas besoin de me voir en personnage de fiction pour connaître la part de création, d’art presque, qu’il peut y avoir dans le rôle de président".

Une œuvre éclectique jusqu’au bout

Xavier Durringer ne s’arrête pas là. Il réalise en 2008 la série "Scalp" pour Canal+, sur des golden boys pris dans la tourmente financière. En 2017, son téléfilm "Ne m’abandonne pas" sur la déradicalisation touche 5 millions de téléspectateurs et décroche un International Emmy Award. 

En 2022, il signe "L’Homme parfait", comédie avec Didier Bourdon, Valérie Karsenti et Pierre-François Martin-Laval. Le film met en scène l’arrivée d’un androïde dans un couple, livrant une réflexion sur l’intelligence artificielle et la fragilité humaine. 

Au total, Xavier Durringer aura réalisé huit longs-métrages, de nombreux téléfilms et continué d’écrire pour le théâtre. Il a notamment dirigé Vincent Cassel, Clovis Cornillac ou Line Renaud.

Par
Mélissa Tellaa