Mort de Tchéky Karyo : sa veuve revient sur ses derniers moments et l’aggravation “soudaine” de son état de santé

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:24
Domine Jerome/ABACA
Jusqu’à son dernier souffle, Tchéky Karyo aura été entouré des siens. Dans Paris Match, son épouse Valérie Kéruzoré raconte avec émotion les ultimes heures de l’acteur, apaisées par la musique et l’amour de sa famille. 

"Valérie Keruzoré, son épouse, et leurs enfants ont la douleur de faire part de la disparition de Tchéky Karyo emporté par un cancer", avait annoncé la famille de l’acteur dans un communiqué transmis à l’AFP le 31 octobre dernier. À 72 ans, le comédien s’est éteint, laissant derrière lui une filmographie riche et une empreinte indélébile dans le paysage artistique français et international.

Tchéky Karyo n’est plus

Révélé au début des années 1980, Tchéky Karyo s’est d’emblée imposé comme une figure singulière du cinéma français. En 1982, son interprétation magistrale dans La Balance lui vaut une nomination aux César du "Meilleur espoir masculin". Sa carrière prend rapidement une envergure internationale. Après L’Ours de Jean-Jacques Annaud (1988), il enchaîne les collaborations prestigieuses : Luc Besson le dirige dans Nikita (1990) puis dans Jeanne d’Arc (1999), Ridley Scott lui offre un rôle dans 1492 : Christophe Colomb (1992), et Michael Bay le fait tourner aux côtés de Will Smith et Martin Lawrence dans Bad Boys (1995).

S’il conquiert Hollywood, Tchéky Karyo n’en demeure pas moins fidèle au cinéma français. On le retrouve notamment dans Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet (2004), Jacquou le Croquant de Laurent Boutonnat (2007), Jappeloup (2013) ou encore dans la trilogie Belle et Sébastien (2013-2018), où il séduit une nouvelle génération de spectateurs. Homme de théâtre autant que de cinéma, il avait également marqué la télévision avec ses rôles dans No Limit ou The Missing, où sa sensibilité et sa profondeur d’interprétation avaient conquis un large public.

Sa femme revient sur ses derniers moments de vie 

Les obsèques de Tchéky Karyo se sont tenues le 5 novembre à Concarneau, dans le Finistère, là où l’acteur avait choisi de vivre ses dernières années. Sa veuve, Valérie Kéruzoré, s’est confiée à Paris Match ce jeudi 6 novembre, et a évoqué avec pudeur et tendresse leur vie partagée pendant plus de vingt-trois ans, mais aussi les derniers instants de son cher et tendre. "C’était son choix", confie-t-elle à propos de la cérémonie en Bretagne. Et de préciser : "Je suis bretonne et il s’est senti accueilli par ma famille, qu’il adorait. Il aimait la tranquillité qui règne ici, on a acheté une maison".

C’est donc dans cette région qu’il affectionnait tant que l’acteur a tiré sa révérence, emporté par un cancer diagnostiqué un peu plus d’un an plus tôt. Valérie Kéruzoré raconte avec émotion un combat contre la maladie aussi long qu’incertain… "Malheureusement, l’aggravation de son état de santé a été très soudaine. On ne s’y attendait pas. Je ne saurais même pas vous dire de quel cancer Tchéky est mort. Les médecins ont mis un an à trouver le cancer primitif", explique-t-elle. Et d’ajouter : "Ces deux derniers mois, il y a eu une cascade de problèmes. Mais il était très combatif, immensément combatif". 

Malgré les difficultés, l’acteur gardait espoir, au point de reprendre des projets artistiques. "Il pensait avoir le temps", avoue son épouse, encore bouleversée par la rapidité avec laquelle tout s’est accéléré. Tchéky Karyo s’est éteint dans un hôpital breton, entouré des siens. "C’est une chance d’avoir pu se dire au revoir, d’avoir pu l’accompagner. On a eu le temps de se dire les choses", souffle-t-elle. 

"Dans les derniers instants…"

Leur histoire d’amour, commencée il y a plus de deux décennies, était faite d’une complicité rare comme le raconte Valérie : "Entre nous, c’était un échange constant. On s’est parlé plusieurs heures chaque jour de notre vie". Ensemble, ils ont eu deux enfants, Louise et Hélios, les deux plus jeunes de l’acteur. Tchéky Karyo avait également une fille aînée, Liv, maman d’un jeune Daniel, "qu’il aimait beaucoup".

Valérie se souvient aussi de sa tendresse paternelle, presque enfantine, lors de ses grossesses. "Il a joué de la guitare et le bébé dansait dans mon ventre. D’ailleurs, il ne bougeait que quand il posait sa main sur mon ventre. Pour la naissance de nos deux enfants, il a joué de la guitare dans la salle d’accouchement", se remémore-t-elle, émue. Un symbole fort que leur fille Louise a repris à son compte au moment de dire adieu à son père.

"Dans les derniers instants, ma fille est venue me voir, elle m’a dit : ‘Maman, je ne sais pas quoi lui dire. Je sais que la seule chose que je vais pouvoir faire, c’est jouer de la guitare’. Et elle a joué longtemps pour lui, elle l’a accompagné comme ça. J’ai senti que ça apaisait Tchéky", conclut Valérie Kéruzoré. 

Par
Kahina Boudjidj