Mort de Giorgio Armani : le “roi” de la mode italienne s’éteint à 91 ans

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:35
ABACA
Le monde de la mode pleure Giorgio Armani. Le couturier italien, maître d’une élégance sobre et intemporelle, est mort ce 4 septembre à l’âge de 91 ans. De ses débuts à Milan à la conquête d’Hollywood, il laisse derrière lui un empire du luxe et un héritage stylistique inestimable.

Giorgio Armani, figure du luxe italien, est mort à l’âge de 91 ans, jeudi 4 septembre 2025. Celui que l’on surnommait “Il Re Giorgio” laisse derrière lui un empire planétaire et un héritage stylistique qui a marqué des générations entières.

Un créateur infatigable jusqu’à son dernier souffle

La nouvelle est tombée par un communiqué de sa maison de couture : “C’est avec une immense tristesse que le groupe Armani annonce le décès de son créateur, fondateur et infatigable moteur : Giorgio Armani.” Le styliste s’est “éteint paisiblement, entouré de ses proches”, précisent ses collaborateurs, qui organisent une veillée publique les 6 et 7 septembre à Milan, au sein de l’Armani/Teatro. Ses obsèques, conformément à ses souhaits, se dérouleront dans la plus stricte intimité.

Bien que fragilisé depuis plusieurs mois, Giorgio Armani n’a jamais cessé de travailler. “Infatigable jusqu’à la fin, il a travaillé jusqu’à ses derniers jours, se consacrant à l’entreprise, aux collections et aux nombreux projets en cours et à venir”, souligne le communiqué. 

Les hommages affluent dans le monde entier. Le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, salue “une figure emblématique de la culture italienne”. Donatella Versace, elle, écrit sur Instagram : “Le monde a perdu un géant aujourd’hui. Il est entré dans l’histoire et restera à jamais dans nos mémoires”

De Piacenza aux tapis rouges : la naissance d’un empire

Né le 11 juillet 1934 à Piacenza, dans une Italie meurtrie par le fascisme, Giorgio Armani ne se destinait pas d’abord à la mode. Passionné d’anatomie, il entame des études de médecine avant de les abandonner. Il fait ses armes comme étalagiste au grand magasin milanais La Rinascente, puis rejoint la maison Cerruti, où il apprend l’art du tailoring.

En 1975, avec son compagnon Sergio Galeotti, il fonde la maison Giorgio Armani. Dix ans plus tard, Sergio Galeotti succombe au sida, laissant Armani seul maître à bord. Ce deuil, il le transformera en moteur. “Sergio a été le moteur de ma carrière. Il a cru en moi avec l’inconscience de ceux qui aiment et qui, ne doutant pas de vos faiblesses, vous forcent à vous dépasser”, confiait-il.

Dès ses débuts, Armani bouleverse les codes du costume traditionnel : vestes déstructurées, lignes fluides, palette de couleurs sobres (gris, beige, bleu). Il impose un style à la fois minimaliste et sophistiqué, que le cinéma contribuera à rendre mythique. En 1980, ses costumes portés par Richard Gere dans American Gigolo deviennent une signature. Puis vient la série culte Deux flics à Miami, qui popularise la veste sur T-shirt façon Armani.

Diane Keaton, Lauren Bacall, John Travolta, Julia Roberts, Cate Blanchett… le couturier habille les plus grandes stars. 

Un héritage colossal 

Devenu milliardaire sans jamais céder son indépendance, Giorgio Armani a fait de son nom une griffe mondiale, couvrant tous les domaines du luxe : haute couture avec Armani Privé, prêt-à-porter, joaillerie, parfums, lunettes, décoration, hôtellerie, restaurants. À la fin de sa vie, Armani avait préparé sa succession avec soin. Dans un entretien récent au Financial Times, il expliquait vouloir “un transfert progressif des responsabilités”, laissant entrevoir un rôle clé pour Leo Dell’Orco, son bras droit depuis la fin des années 1970.

Avec plus de 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, sa maison demeure l’un des fleurons du luxe italien. Mais au-delà des chiffres, Armani a redéfini une manière d’être. Sa vision du vêtement, “plus de douceur pour les hommes et plus de force pour les femmes”, a révolutionné la silhouette des années 1980 et reste aujourd’hui une référence incontournable.

Par
Mélissa Tellaa