Mort de Catherine Laborde : Son mari, Thomas Stern, revient sur les derniers moments “difficiles” 

Publié le 20 janvier 2026 à 14:21
Capture d'écran TF1
Au micro de RTL, Thomas Stern a livré un témoignage bouleversant sur les dernières années de Catherine Laborde, emportée par la démence à corps de Lewy. Le mari de l’ancienne présentatrice météo est revenu sans détour sur la progression de la maladie, la difficulté de communiquer, les crises hallucinatoires et l’épuisement physique et psychologique qu’implique le rôle d’aidant. 

La disparition de Catherine Laborde a bouleversé le paysage audiovisuel français. L’ancienne présentatrice météo de TF1 s’est éteinte en janvier 2025 à l’âge de 73 ans, comme l’avait annoncé sa famille à l’AFP. Figure familière des foyers pendant près de trente ans, elle luttait depuis plusieurs années contre une maladie neurodégénérative rare et complexe : la démence à corps de Lewy, diagnostiquée en 2018.

Une maladie longtemps tenue à distance du regard public

Si Catherine Laborde a choisi de parler publiquement de sa maladie dans ses livres, le chemin vers cette décision n’a pas été évident. Selon Paris Match, le médecin qui lui avait annoncé le diagnostic lui avait conseillé la plus grande discrétion. "Surtout, ne vous arrêtez pas de travailler, n’en parlez à personne, faites comme si de rien n’était !", lui aurait-il recommandé. À l’époque, seule une personne était mise dans la confidence : son mari, Thomas Stern. "Les médecins lui avaient conseillé le silence pour la protéger du regard des autres et préserver son entourage, mais ses proches s’inquiètent", précisaient nos confrères. 

La démence à corps de Lewy reste en effet largement méconnue. Située à la frontière des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, elle se caractérise par l’accumulation anormale de protéines alpha-synucléines dans le cerveau, perturbant progressivement les fonctions cognitives et motrices. Les patients peuvent souffrir de troubles de la mémoire et de l’attention, de rigidité musculaire ou encore d’hallucinations visuelles et de troubles du comportement, rendant la maladie particulièrement éprouvante, tant pour eux que pour leurs proches.

Une fin de vie entourée et protégée

En avril 2024, Françoise Laborde, la sœur de Catherine, avait donné de ses nouvelles sur le plateau de Chez Jordan sur C8. "Elle va aussi bien qu’elle puisse aller. Elle est à l’Île d’Yeu avec une jeune femme formidable qui s’occupe d’elle, Alexandra. Son mari Thomas est évidemment très présent aussi et ses filles Gabrielle et Pia se relaient. C’est une maladie très compliquée. (…) Elle perd la notion d’espace. Des fois elle est très présente, puis subitement elle part ailleurs", confiait-elle avec pudeur. Jusqu’au bout, Catherine Laborde a pu compter sur l’attention constante de ses proches. Son époux, Thomas Stern, l’a accompagnée sans jamais envisager de la placer en institution, malgré l’épuisement que ce rôle d’aidant impliquait.

Le témoignage poignant de Thomas Stern

Invité à plusieurs reprises à évoquer cette épreuve, notamment au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, Thomas Stern est revenu sur la difficulté de voir la maladie progresser. "Ça devenait difficile avec les troubles du langage parce que, si elle comprenait ce que je disais, moi je comprenais de moins en moins ce qu’elle voulait me dire (…) on ne pouvait plus communiquer comme on l’a toujours fait", a-t-il expliqué. Il a également décrit les crises hallucinatoires nocturnes qui accompagnaient la maladie : "Si elle est attaquée par un chien dans un rêve, elle se lève et elle court. C’est dangereux parce qu’elle dort, donc elle peut se blesser". Malgré tout, il assure que son épouse "est restée la douce Catherine jusqu’au bout".

Ce combat a laissé des traces physiques et psychologiques chez l’aidant. "J’ai failli me tuer deux fois. Quand le corps ne peut plus, il le fait savoir", a-t-il confié, évoquant des chutes sur la voie publique. Lors des obsèques de Catherine Laborde, Thomas Stern lui avait adressé un message bouleversant : "Tu avais une âme, la chose mérite d’être notée car elle commence à se faire rare. Rien ne te l’a fait perdre, pas même la maladie", avant de conclure, avec une pudeur infinie : "J’étais seul avec toi quand tu as cessé de respirer". Le 22 janvier prochain, il publiera Y a-t-il une vie après la mort ?, un ouvrage dans lequel il revient à la fois sur le combat de son épouse, sur son propre vécu d’aidant et sur l’après. 

Par
Kahina Boudjidj