Le photographe Oliviero Toscani, connu pour ses campagnes provocantes pour la marque Benetton, est mort à 82 ans

Publié le 13 janvier 2025 à 13:16
ABACA
Le photographe italien Oliviero Toscani s'est éteint ce lundi 13 janvier 2025 à l'âge de 82 ans. Connu pour avoir révolutionné la publicité avec ses campagnes provocatrices pour Benetton, cet artiste engagé avait fait de la photographie une arme pour dénoncer les tabous de la société.

Le célèbre photographe italien, qui avait révolutionné la publicité avec ses campagnes choc pour Benetton, s’est éteint ce lundi 13 janvier 2025 des suites d’une amylose, une maladie rare et incurable. 

Oliviero Toscani, un artiste qui a bousculé les codes de la publicité

“C’est avec une immense tristesse que nous annonçons qu’aujourd’hui, 13 janvier 2025, notre Oliviero bien-aimé a entamé son prochain voyage”, a annoncé sa famille sur Instagram. Né en 1942 à Milan, Oliviero Toscani s’était imposé comme une figure incontournable de la photographie dès les années 1980, notamment grâce à sa collaboration historique avec Benetton. “Je déteste la photographie artistique”, affirmait-il en 2010. “La photo devient de l’art lorsqu’elle provoque une réaction en nous, que ce soit de l’intérêt, de la curiosité ou de l’attention.”

Auteur de campagnes qui ont marqué toute une génération

C’est à travers ses campagnes publicitaires pour United Colors of Benetton qu’il a véritablement révolutionné le genre, abordant sans détour des sujets de société brûlants. Parmi ses œuvres les plus mémorables figurent une femme noire donnant le sein à un enfant blanc (1989), un homme mourant du sida entouré de sa famille (1992), une religieuse embrassant un jeune prêtre (1992) ou encore des portraits de condamnés à mort américains (2000). “Ce n’est pas une photo qui fait l’histoire, c’est un choix éthique, esthétique et politique”, expliquait celui qui a vu plusieurs de ses campagnes interdites en France et en Italie.

Un combat jusqu’au bout malgré la maladie pour Oliviero Toscani

Atteint d’amylose, une maladie rare qui crée des dépôts de protéines insolubles dans les tissus, le photographe avait perdu 40 kilos en un an. “Je n’ai pas peur de mourir. Pourvu que ce ne soit pas douloureux”, avait-il confié au Corriere della Sera en août 2024. 

Jusqu’au bout, il aura conservé son esprit libre et provocateur, lui qui affirmait : “J’ai toujours été libre. Je ne regrette que les choses que je n’ai pas faites, pas celles que j’ai faites.”

Le groupe Benetton lui a rendu un dernier hommage sur Instagram : “Pour expliquer certaines choses, les mots ne suffisent pas. C’est ce que tu nous as appris. Adieu Oliviero. Continue à rêver.”

Par
Mélissa Tellaa