Voilà une soirée qu’aimeraient bien oublier les supporters du Paris Saint-Germain. Le 8 mars 2017, le PSG se déplaçait au Camp Nou dans le cadre de son match retour contre le FC Barcelone en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Une rencontre au premier abord sans réelle difficulté pour Paris, qui avait corrigé le Barça 4 buts à 0 au match aller. Finalement, après un scénario totalement improbable, le PSG s’est écroulé et a fini par s’incliner 6 buts à 1 au bout du temps additionnel.
Cette déroute a particulièrement marqué Edinson Cavani, titulaire lors de la célèbre remontada. Dans un entretien accordé au média espagnol Relevo, l’Uruguayen a révélé avoir eu recourt a une thérapie après l’élimination du PSG : "La première fois que je suis allé en thérapie, c’était après le retour du Barça contre le PSG. Ça m’a beaucoup touché et il y a des choses qui te surchargent. En cinq minutes, tout ce que nous avions fait a changé. C’est un si gros coup, que vous ne pouvez pas contrôler et que, bien que ce ne soit que du football, ça touche d’autres parties de votre personne. J’ai eu des symptômes d’anxiété, des sueurs froides, j’ai eu le vertige en m’endormant et j’avais déjà peur de m’endormir … Je me suis demandé : Est-ce que j’ai un problème à la tête ? Je suis allé voir le médecin du PSG, que j’adore, et il m’a dit : « Ce qui t’arrive, arrive à beaucoup de gens dans différents domaines. » J’ai réalisé que je n’étais pas un super-héros."
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Désormais, Edinson Cavani n’a aucun problème a parlé de ses traumatismes. Chose que le joueur de 35 ans n’aurait jamais pensé faire quelques années auparavant : "Nous avons grandi dans une génération avec ces parents qui vous disent de ne pas pleurer, que vous ne pouvez pas vous détendre ou exprimer vos émotions. Comme vous ne pouvez pas montrer de faiblesse, vous êtes élevé avec une coquille qui vous fait penser que vous êtes plus fort que tout le monde. Il y a des gens très compétents, mais à la fin ils finissent par tomber." Pour l’attaquant qui évolue aujourd’hui au FC Valence, il existe encore trop de tabous dans le monde exigeant du football : "Tu n’es pas un super-héros, celui qui peut tout gérer, aider la famille, marquer tous les dimanches… Mais parfois on ne s’écoute pas. Pour cela il y a des professionnels. Ma théorie est que nous avons tous besoin de tout le monde, la vie est une roue. C’est un mensonge de se battre pour être toujours le meilleur. Il y aura toujours quelqu’un au-dessus de vous, qui a ou en sait plus que vous, qui est plus beau que vous, etc. Compte tenu de l’importance de l’aspect mental et émotionnel dans le football, il est frappant qu’il existe encore des préjugés sur le fait d’aller chez le psychologue."
Celui que l’on surnomme "El Matador" espère ainsi voir la parole des footballeurs se libérer à l’avenir : "Sur les réseaux sociaux, c’est comme si votre valeur était estimée en fonction de ce que vous semblez être ou selon ce que vous avez. C’est pour ça qu’il en faut de plus en plus de suivi. Et il n’y a pas de combat pour s’améliorer et grandir. Nous avons perdu beaucoup de temps pour des choses qui n’ont pas d’importance. Le football devient de plus en plus médiatique et influent dans la vie des autres. Mais la santé mentale est fondamentale et dans le football elle fait défaut."
N.O