Il aura laissé une trace indélébile sur le monde du football. Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, s’est éteint ce jeudi 29 décembre après avoir passé plusieurs semaines hospitalisé à Sao Paulo, au Brésil. Il était le seul joueur à avoir gagné trois Coupes du monde, en 1958, 1962 et 1970 et aurait marqué, selon son propre décompte, pas moins de 1 283 buts en l’espace de 1 366 matchs ! Il brillait déjà depuis le milieu des années 1950, jusqu’à la fin des années 1970 et ne manquait pas de surprendre parfois par son narcissisme et le fait, notamment, de parler de lui-même à la troisième personne du singulier. Son surnom de ‘Pelé’ lui viendrait selon la légende d’une déformation du nom du gardien de l’AC Bauru, Bilé, auquel ses camarades avaient pour habitude de le comparer pour le taquiner. À ce sujet, il confiait lui-même dans Pelé. Ma vie de footballeur, publié aux éditions Globe, en 2014) : "J’occupais souvent le poste de gardien de but, car, si j’étais attaquant dès le début du match, notre équipe gagnait tout le temps, et l’équipe adverse n’avait plus envie de jouer". Rien que ça.
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"Il était Monsieur Football"
Né le 23 octobre 1940 à Três Corações au Brésil, celui qui a évolué au poste d’attaquant et de meneur de jeu était également surnommé O Rey, soit le roi. Il était hospitalisé à l’hôpital Albert Einstein de Sao Paulo depuis début décembre pour des complications liées au Covid-19, venues s’ajouter à son cancer colorectal… "Celui-ci n’est pour autant pas hospitalisé en soins palliatifs", avaient confirmé ses proches auprès du Comité international olympiques (CIO). C’est, entre autres, sur son compte Instagram que la triste nouvelle de sa mort a été annoncé. Sous une photo de la légende du football, on pouvait lire : "L’inspiration et l’amour ont marqué le voyage du roi Pelé, décédé paisiblement aujourd’hui". Le message continuait en soulignant l’apport de Pelé au monde et entre autres le fait qu’il a souhaité répandre "ce qu’il croyait le plus être le remède à tous nos problèmes : l’amour".
De nombreuses célébrités ont réagi à son décès, dont Michel Platini qui a confié à nos confrères de L’Equipe qu’il était son modèle lorsqu’il était enfant. Il déclarait : "Il était Monsieur Football, l’histoire du football, la découverte du football, tout le football. En 1970, j’ai 15 ans, et j’avais grandi avec sa figure dans mon imaginaire. Mon père me parlait de Pelé, et à l’école, d’ailleurs, je signais "Peléatini". Même si on ne le voyait pas toujours jouer, on ne parlait que de lui. Ce n’était plus un homme, ce n’était plus un footballeur, c’était le Dieu du football. Je suis très, très ému. C’est ma vie. C’est mon histoire. C’est Pelé. C’est mes rêves. J’ai vu ses buts, ses exploits, et je n’ai jamais oublié sa Coupe du monde 1970". Celui qui a été ministre brésilien des Sports de 1995 à 1998 expliquait à nos confrères du Monde que les gens lui demandaient tout le temps "Quand est-ce que va naître un nouveau Pelé ?”. Et lui-même de répondre : "Jamais ! Mon père et ma mère ont fermé l’usine. Pelé, c’est le plus grand nom connu dans le monde". Son enterrement aura lieu mardi 3 janvier 2023 dans le cimetière Memorial Necrópole Ecumênica, au cours d’une cérémonie uniquement réservée à la famille.
Kahina Boudjidj