« J’étais dans quelque chose de très morbide » : Le témoignage bouleversant de Charlotte Gainsbourg sur la mort de son père

Publié le 21 avril 2023 à 6:11
Canal+
Invitée dans "En Aparté" ce jeudi 20 avril, Charlotte Gainsbourg s'est confiée sur la mort de son père survenue en 1991, alors qu'elle n'avait que 19 ans.

C’est à cœur ouvert que Charlotte Gainsbourg s’est livrée sur le plateau d’En Aparté ce jeudi 20 avril sur Canal+. L’actrice de 51 ans possède une actualité riche, puisqu’elle est en ce moment à l’affiche du nouveau film de Dany Boon, La vie pour de vrai. La comédienne a également annoncé l’ouverture en septembre prochain au grand public du musée dédié à son père Serge Gainsbourg, situé dans son ancienne maison, au 5 bis rue de Verneuil dans le 7e arrondissement de Paris. Un projet qui compte beaucoup pour l’artiste, très attachée cet endroit : "J’avais 19 ans quand il est mort. J’ai rencontré Yvan (Attal) un mois plus tard et on a habité ensemble donc notre vie a commencé, une nouvelle vie pour moi a commencé. Mais j’ai tout de suite voulu racheter la rue de Verneuil, racheter les meubles pour que ça ne bouge pas. Évidemment, je voulais en faire un musée parce que je me suis dit que c’était ce que mon père aurait voulu."

Toutefois, ce lieu fut au début difficile à gérer émotionnellement pour Charlotte Gainsbourg, comme elle l’explique après de Nathalie Levy : "Mais c’était je pense aussi, plus égoïstement, juste faire comme s’il était encore là. Du coup, je m’y enfermais plus pour me faire du mal. J’avais le choix de ne pas y aller… Je ne pouvais pas aller au cimetière parce qu’il y avait du monde. C’était compliqué." Âgée de 19 ans au moment de la mort de son père en 1991, Charlotte Gainsbourg confie avoir eu beaucoup de mal à accepter sa disparition : "Le deuil de mon père, je n’ai jamais pu le faire, parce que je n’ai pas pu moi, mais aussi parce que j’étais tout le temps en réaction avec ce que les gens partageaient avec moi. Ils avaient envie de me parler de mon père qui venait de mourir, ils avaient envie de me montrer des trucs, je l’entendais à la radio, je passais devant la rue de Verneuil… C’était impossible de se protéger en fait. Ce qui fait que je n’ai pas géré cette disparition, le manque. Ça m’a anéantie pendant tellement de temps. Je pense jusqu’à la naissance de mon fils (en 1997, ndlr), j’étais dans quelque chose de très morbide. Mais bon, c’était comme ça."

"C’est vrai que la rue de Verneuil, je m’enfermais dedans", poursuit Charlotte Gainsbourg. "J’avais encore l’odeur, il y avait la marque sur son canapé, comme s’il y avait la forme de son corps encore assis dessus. Il venait de mourir dans sa maison… Sa chambre, je le voyais encore allongé comme j’ai pu le voir quand il est mort. C’est vrai que j’ai eu un rapport très bizarre, très particulier." Ainsi, en 2013, la compagne d’Yvan Attal se pose d’elle-même un ultimatum afin d’aller de l’avant : "Une fois que je suis partie à New-York, je me suis dit : « Soit je fais un musée, soit je vends, je casse. Mais j’arrête avec ce mausolée ». Du coup, je pense que ça m’a donnée la force. New York m’a donnée à la fois la force de faire ce documentaire sur ma mère (Jane Birkin, ndlr), de le finir, et d’ouvrir la rue de Verneuil."

N.O

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